Au matin du Vendredi saint, la pieve de Lota ne ressemble plus à tout à fait à elle-même. Le silence s’impose, à peine troublé par les voix graves des prieurs des confréries . Dans les chemins, sur les placettes, entre les maisons encore closes, les processions précédées des porteurs de croix, s’ébranlent lentement depuis San Martino, Figarella et Mandriale sur un parcours dont l’origine se perd fans la nuit des temps. Elles avancent sans hâte, comme si le temps s’était retiré avec la nuit.
(Photos Gérard Baldocchi)
Au bout du parcours, il y a l’église. Et juste en y rentrant , il y a ce moment que tous attendent, ou redoutent : les trescinelle.
Les hommes se mettent à genoux. Les femmes et les enfants aussi. Sans un mot, ils commencent à avancer, centimètre par centimètre, du seuil jusqu’au reposoir. Les pierres sont dures, le sol inégal, les corps vacillent. Rien n’est spectaculaire au sens moderne du terme, et pourtant tout est saisissant. Ce n’est pas un geste montré, c’est un geste vécu. Une douleur acceptée, offerte, qui ne cherche pas à se justifier.
Dans ces instants-là, la procession cesse d’être un déplacement. Elle devient une expérience intérieure, presque intime, même au milieu des autres.
Plus loin, sur les chemins, les trois processions finissent par se rejoindre. Elles ne se croisent pas par hasard. Elles se reconnaissent. C’est A Parata.
Les croix se font face. Les trois confréries s’arrêtent. Figarella ici. San Martino un peu plus loin. Et Mandriale plus tard. Il y a comme une suspension. Puis les chants - les lodi sacri - montent, se répondent, s’entremêlent. Ce n’est ni une confrontation ni une simple rencontre : c’est un hommage. Un salut ancien, précis, transmis sans avoir besoin d’être expliqué.
On comprend alors que la pieve n’est pas seulement un territoire. C’est un corps. Et ces processions en sont les membres qui, l’espace de quelques heures, se rejoignent, se parlent, se répondent.
Au-dessus des croix, la pulezzula - en palmes tressées dans le silence des confréries - capte la lumière du matin. Elle rappelle un autre temps, une autre entrée, celle de Jérusalem. Mais ici, sur les pentes de Lota, elle dit surtout la continuité. Celle d’un geste répété, année après année, sans mise en scène, sans folklore ajouté.
Rien n’a vraiment changé, et c’est peut-être cela qui frappe le plus.
Dans la lenteur des pas, dans la rudesse des genoux sur la pierre, dans la dignité des rencontres entre villages, A Pulezzula tient encore. Non pas comme un vestige, mais comme une vérité qui se vit, une fois par an, dans le silence et dans la foi.
Les hommes se mettent à genoux. Les femmes et les enfants aussi. Sans un mot, ils commencent à avancer, centimètre par centimètre, du seuil jusqu’au reposoir. Les pierres sont dures, le sol inégal, les corps vacillent. Rien n’est spectaculaire au sens moderne du terme, et pourtant tout est saisissant. Ce n’est pas un geste montré, c’est un geste vécu. Une douleur acceptée, offerte, qui ne cherche pas à se justifier.
Dans ces instants-là, la procession cesse d’être un déplacement. Elle devient une expérience intérieure, presque intime, même au milieu des autres.
Plus loin, sur les chemins, les trois processions finissent par se rejoindre. Elles ne se croisent pas par hasard. Elles se reconnaissent. C’est A Parata.
Les croix se font face. Les trois confréries s’arrêtent. Figarella ici. San Martino un peu plus loin. Et Mandriale plus tard. Il y a comme une suspension. Puis les chants - les lodi sacri - montent, se répondent, s’entremêlent. Ce n’est ni une confrontation ni une simple rencontre : c’est un hommage. Un salut ancien, précis, transmis sans avoir besoin d’être expliqué.
On comprend alors que la pieve n’est pas seulement un territoire. C’est un corps. Et ces processions en sont les membres qui, l’espace de quelques heures, se rejoignent, se parlent, se répondent.
Au-dessus des croix, la pulezzula - en palmes tressées dans le silence des confréries - capte la lumière du matin. Elle rappelle un autre temps, une autre entrée, celle de Jérusalem. Mais ici, sur les pentes de Lota, elle dit surtout la continuité. Celle d’un geste répété, année après année, sans mise en scène, sans folklore ajouté.
Rien n’a vraiment changé, et c’est peut-être cela qui frappe le plus.
Dans la lenteur des pas, dans la rudesse des genoux sur la pierre, dans la dignité des rencontres entre villages, A Pulezzula tient encore. Non pas comme un vestige, mais comme une vérité qui se vit, une fois par an, dans le silence et dans la foi.