À Bastia, le lycée Paul-Vincensini multiplie les projets Erasmus+

Rédigé le 12/04/2026
Léana Serve

Accrédité Erasmus+, le lycée Paul-Vincensini de Bastia multiplie les projets européens. Entre mobilités autour de l’environnement et initiative dédiée à la prévention de l’obésité, élèves et enseignants s’engagent dans une dynamique d’ouverture et d’apprentissage à l’échelle européenne.

Depuis deux ans, le lycée Paul-Vincensini bénéficie d’une accréditation Erasmus+, un dispositif de financement de l’Union européenne qui lui permet de développer régulièrement des projets de mobilité pour ses élèves et ses enseignants. À travers cette accréditation, l’établissement bastiais s’inscrit dans une démarche « d’ouverture à l’international et d’amélioration des compétences linguistiques des élèves », tout en travaillant sur des thématiques fortes comme l’écologie, la citoyenneté européenne ou encore les questions de santé.
 

Concrètement, plusieurs mobilités de groupe sont organisées chaque année en partenariat avec des établissements étrangers. En 2026, des élèves ont ainsi participé à des échanges en Norvège, en Espagne et en Allemagne. « On s'organise, on échange avec des collègues de ces pays qui travaillent plus ou moins autour du même thème que nous, et on envoie les élèves qui sont accueillis en famille sur place et on fait la même chose chez nous », explique Cordula De Brouhns, professeure d'allemand et d'anglais. « C'est vraiment une expérience pour amener nos élèves ailleurs, et pour avoir ensuite un impact chez nous, même s’ils gardent évidemment des amitiés avec les élèves des autres pays. »
 

Les séjours, « loin d’être des programmes touristiques », s’inscrivent dans différents projets pédagogiques, portés par les professeurs. « Pour l’aspect écologique, on va là-bas pour voir un peu comment ils trient leurs déchets, comment sont respectés les lieux au sein de l'école, quelles sont les possibilités de recyclage… En Norvège, on a aussi travaillé sur la démocratie, et on a visité le musée de la paix à Oslo. Ça tourne toujours autour de trois grands axes différents, mais qui sont toujours connectés », précise la professeure.


Un projet européen pour lutter contre l’obésité
 

En parallèle de cet axe centré sur l’environnement, le lycée Paul-Vincensini est engagé dans un autre projet Erasmus+ dédié à la prévention de l’obésité chez les jeunes. Intitulé « Plus tard, il sera trop tard : dites non à l’obésité maintenant », ce programme réunit plusieurs partenaires européens, notamment en Turquie, en Roumanie et à Malte, autour d’un même objectif : « sensibiliser les élèves aux risques liés à la malbouffe et encourager l’adoption de modes de vie plus sains ». Le projet a débuté en Turquie, à Adana, où Lynda Bouali, professeure d’économie et coordinatrice du projet, et Erik Uribelarrea, professeur d’EPS, ont participé à « des ateliers, échanges pédagogiques et actions de sensibilisation ».
 

Il s’est poursuivi à Malte au mois de novembre, où des élèves corses ont cette fois été directement impliqués « à travers des ateliers pratiques et des activités sportives et éducatives pour mieux comprendre l’importance d’une alimentation équilibrée et de son rôle dans la prévention de l'obésité ». Dernière étape en date : l’accueil, depuis quelques jours, des partenaires européens à Bastia. « Cette rencontre a été consacrée à des actions de sensibilisation menées avec les lycéens, autour de la lutte contre la malbouffe et de la valorisation des produits du terroir et des plats traditionnels, transmis de génération en génération, comme leviers de santé et de prévention. » Le projet doit se poursuivre au mois de mai avec un échange en Roumanie.
 

Des échanges pour les enseignants

Les enseignants, eux aussi, peuvent participer à des échanges avec les professeurs d’autres pays : « On a déjà envoyé trois enseignants à Tenerife pour suivre une formation en job shadowing, c’est-à-dire se mettre dans l'ombre d'un collègue d’un autre pays pour voir comment il fonctionne, comprendre quelles forces on a en commun, et à l’inverse, quelles différences peuvent s’observer. Le but, c'est toujours d’aller vers l'échange, l’expérience, le partage et la collaboration », précise Cordula De Brouhns. Désormais, le lycée aimerait mettre en place un « Club Europe » destiné aux élèves étant déjà partis ou prévoyant de partir à l’étranger. « On pourrait en quelque sorte créer une communauté Erasmus+ au sein de notre établissement, parce que cette année, on a déjà envoyé 54 personnes. »