L’alliance inédite du parti de la majorité territoriale, Femu a Corsica, et du mouvement indépendantiste, Core in Fronte, est l’un des marqueurs forts des élections municipales en cours. De manière affichée ou plus discrète, elle a permis, avec l’appui d’autres nationalistes, de gagner des points presque partout où elle a été effective et de réamorcer une certaine union du mouvement national. Une union appelée à s’élargir pour les prochaines échéances.
C’est une alliance sur laquelle personne n’aurait parié un kopeck, il y a encore quelques mois. Core in Fronte tenant à son indépendance, tant dans son principe que dans sa philosophie, s’affichait dans l’opposition territoriale. Le parti majoritaire Femu a Corsica, échaudé par la rupture avec ses anciens partenaires, avançait à pas prudents dans sa volonté martelée de faire converger l’ensemble des nationalistes sur des valeurs et des projets. Les deux partis, le premier indépendantiste, le second autonomiste, se retrouvaient néanmoins chaque fois qu’il fallait défendre les fondamentaux communs du mouvement national, comme ce fut le cas lors du processus de Beauvau pour l’autonomie de la Corse. Ceci étant, une alliance électorale semblait improbable. Il y a à peine deux ans, chacun était parti en ordre séparé pour les législatives. Mais l’éclatement du mouvement national, la coalition des forces traditionnelles et la montée en puissance du Rassemblement national dans l’île ont quelque peu changé la donne. La convergence est redevenue une nécessité pour conserver la suprématie nationaliste acquise depuis dix ans. Elle est apparue clairement lors des élections agricoles où elle a permis une triple victoire nationaliste. Après de longues discussions, l’union s’est nouée sur ces municipales dans des villes phares comme Bastia, Aiacciu, Sartene, Porto-Vecchio ou encore dans le Nebbiu, mais aussi à Corte avec d’autres nationalistes et dans le Centre Corse. Une alliance, hors PNC qui reste figé dans son hostilité irréductible à Gilles Simeoni et qui a rejoint les forces traditionnelles d’opposition qu’il a longtemps combattu. Elle permet néanmoins de compenser en partie les effets délétères de la division mortifère du mouvement national.
Une union payante
Le moins que l’on puisse dire est que cette union électorale est payante. On le savait déjà depuis les Territoriales de 2015 et les scrutins qui ont suivi, elle apparait clairement lors de ces municipales. A Aiacciu d’abord, le rassemblement là aussi inédit de l’opposition nationaliste, de Nazione à Femu, en passant par Core in Fronte et les dissidents du PNC, a créé une véritable dynamique qui a conduit la liste Aiacciu Vivu menée par Jean-Paul Carrolaggi à décrocher la deuxième place du podium du 1er tour avec 26,73% derrière le maire sortant et largement devant le RN. Une réussite incontestable qui la place comme la principale alternative à la majorité municipale et permet de mesurer le poids des nationalistes dans une ville détenue depuis 12 ans par la droite. A Bastia, l’alliance Femu a Corsica et Core in Fronte a contribué à la dynamique de campagne. Elle a permis une grosse progression dans le Nebbiu, doublé le score à San Fiurenzu et conquis Olmeta di Tuda. A Sartène, la liste portée par le leader de Core in Fronte, Paul-Félix Benedetti, et associant Femu a Corsica, des militants de Nazione et la gauche locale, a réalisé une belle performance. Avec 33,59% des suffrages, elle n’est qu’à deux points et à une soixantaine de voix du libéral Christophe Mondoloni. Un scrutin serré et un 2nd tour très ouvert après la décision d’un autre candidat de droite, Pascal Quilichini, de jeter l’éponge, malgré un score de 17,81%, défection qui pourrait bénéficier au nationaliste. A l’inverse, les résultats sont décevants à Portivechju où l’union portée par Vanina Chiarelli-Luzi n’a rassemblé que 13,17% des suffrages. Peut-être ce score, bien en deçà des espérances, s’explique-t-il par la situation particulière, l’alliance Femu a Corsica - Core in Fronte affrontant un autre nationaliste, le maire sortant PNC, très fortement ancré sur son territoire et réélu dès le 1er tour. Les scores des deux listes confirment néanmoins la suprématie nationaliste sur la cité du sel. Au final, ces municipales ont conforté le poids de la majorité territoriale dans ses fiefs, notamment la victoire sans appel dès le 1er tour de Jean-Charles Giabiconi à Biguglia ou d’Angèle Bastiani à Lisula, seule commune où les deux partis se sont affrontés. Elle permet à Core in Fronte, outre l’écrasante et attendue nouvelle victoire de Jean-Baptiste Arena à Patrimoniu, de prendre place dans des conseils municipaux et de mieux se développer sur le territoire.
Une dynamique patriotique
Cette union, qui est un des marqueurs forts de ces élections municipales, est appelée à s’élargir demain avec peut-être Nazione, l’autre parti indépendantiste - une possibilité que Gilles Simeoni a évoqué à la tribune de son dernier meeting. En témoignent la présence de militants de Nazione dans les listes d’Aiacciu et de Sartène et dans d’autres communes de Corse, la présence de militants de Femu et de Core in Fronte sur la liste de Petr’Anto Tomasi à Corte qui a recueilli 31,67% des suffrages et obtient quatre élus au Conseil municipal. Les discussions avec Nazione ont failli aboutir à leur présence sur la liste bastiaise, mais, après réflexion, l’ancien allié indépendantiste est resté sur son quant-à-soi. Il a décidé de ne pas présenter de candidats à Aiacciu et Bastia et de ne soutenir officiellement personne mais a réaffirmé sa disponibilité pour travailler à la construction d’une « véritable dynamique patriotique » qu’il juge indispensable pour faire face aux enjeux politiques à venir sur l’île. L’union nationaliste, hors PNC, devrait également s’ouvrir à des forces progressistes autonomistes de gauche et de droite L’attestent déjà le positionnement de Pierre Ghionga à l’Assemblée de Corse et la victoire de Maria Guidicelli à Morosaglia.
N.M.
Une union payante
Le moins que l’on puisse dire est que cette union électorale est payante. On le savait déjà depuis les Territoriales de 2015 et les scrutins qui ont suivi, elle apparait clairement lors de ces municipales. A Aiacciu d’abord, le rassemblement là aussi inédit de l’opposition nationaliste, de Nazione à Femu, en passant par Core in Fronte et les dissidents du PNC, a créé une véritable dynamique qui a conduit la liste Aiacciu Vivu menée par Jean-Paul Carrolaggi à décrocher la deuxième place du podium du 1er tour avec 26,73% derrière le maire sortant et largement devant le RN. Une réussite incontestable qui la place comme la principale alternative à la majorité municipale et permet de mesurer le poids des nationalistes dans une ville détenue depuis 12 ans par la droite. A Bastia, l’alliance Femu a Corsica et Core in Fronte a contribué à la dynamique de campagne. Elle a permis une grosse progression dans le Nebbiu, doublé le score à San Fiurenzu et conquis Olmeta di Tuda. A Sartène, la liste portée par le leader de Core in Fronte, Paul-Félix Benedetti, et associant Femu a Corsica, des militants de Nazione et la gauche locale, a réalisé une belle performance. Avec 33,59% des suffrages, elle n’est qu’à deux points et à une soixantaine de voix du libéral Christophe Mondoloni. Un scrutin serré et un 2nd tour très ouvert après la décision d’un autre candidat de droite, Pascal Quilichini, de jeter l’éponge, malgré un score de 17,81%, défection qui pourrait bénéficier au nationaliste. A l’inverse, les résultats sont décevants à Portivechju où l’union portée par Vanina Chiarelli-Luzi n’a rassemblé que 13,17% des suffrages. Peut-être ce score, bien en deçà des espérances, s’explique-t-il par la situation particulière, l’alliance Femu a Corsica - Core in Fronte affrontant un autre nationaliste, le maire sortant PNC, très fortement ancré sur son territoire et réélu dès le 1er tour. Les scores des deux listes confirment néanmoins la suprématie nationaliste sur la cité du sel. Au final, ces municipales ont conforté le poids de la majorité territoriale dans ses fiefs, notamment la victoire sans appel dès le 1er tour de Jean-Charles Giabiconi à Biguglia ou d’Angèle Bastiani à Lisula, seule commune où les deux partis se sont affrontés. Elle permet à Core in Fronte, outre l’écrasante et attendue nouvelle victoire de Jean-Baptiste Arena à Patrimoniu, de prendre place dans des conseils municipaux et de mieux se développer sur le territoire.
Une dynamique patriotique
Cette union, qui est un des marqueurs forts de ces élections municipales, est appelée à s’élargir demain avec peut-être Nazione, l’autre parti indépendantiste - une possibilité que Gilles Simeoni a évoqué à la tribune de son dernier meeting. En témoignent la présence de militants de Nazione dans les listes d’Aiacciu et de Sartène et dans d’autres communes de Corse, la présence de militants de Femu et de Core in Fronte sur la liste de Petr’Anto Tomasi à Corte qui a recueilli 31,67% des suffrages et obtient quatre élus au Conseil municipal. Les discussions avec Nazione ont failli aboutir à leur présence sur la liste bastiaise, mais, après réflexion, l’ancien allié indépendantiste est resté sur son quant-à-soi. Il a décidé de ne pas présenter de candidats à Aiacciu et Bastia et de ne soutenir officiellement personne mais a réaffirmé sa disponibilité pour travailler à la construction d’une « véritable dynamique patriotique » qu’il juge indispensable pour faire face aux enjeux politiques à venir sur l’île. L’union nationaliste, hors PNC, devrait également s’ouvrir à des forces progressistes autonomistes de gauche et de droite L’attestent déjà le positionnement de Pierre Ghionga à l’Assemblée de Corse et la victoire de Maria Guidicelli à Morosaglia.
N.M.