Municipales. Pascal Zagnoli : « Nous avons un programme solide qui propose un chemin crédible pour sortir Ajaccio de l’impasse »

Rédigé le 04/03/2026
Manon Perelli

Candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars à Ajaccio, Pascal Zagnoli conduit la liste « Stintu Aiaccinu », qu’il présente comme un « sursaut ajaccien » porté par des profils issus de la société civile. Critique à l’égard de la gestion sortante, qu’il juge marquée par un « temps perdu » et des fragilités financières, le secrétaire national du PNC défend une démarche structurée autour du logement à l’année, d'un renforcement de la sécurité dans la cité impériale, mais aussi autour de projets pour faciliter la mobilité et la redynamisation du centre-ville. Promettant un audit des comptes dès le début de mandature, il revendique une approche « sérieuse et lucide », et assume l’ambition d’incarner une alternance fondée sur la proximité, la cohérence et le respect des électeurs.

Vous avez présenté votre liste. Comment la qualifieriez-vous ?
Je la qualifierais d’abord de liste de sursaut ajaccien. C’est une liste jeune, composée de femmes et d’hommes qui ne viennent pas du monde politique, mais du terrain, de la vie réelle, du travail, des quartiers d’Ajaccio. Ce sont toutes et tous des Ajacciennes et des Ajacciens qui vivent au cœur de cette ville chaque jour, qui en connaissent les difficultés et les blocages, et qui ont décidé de s’investir pour leur ville plutôt que de rester spectateurs. C’est une liste profondément ajaccienne, citoyenne et exigeante, qui veut remettre du sérieux, du bon sens et de l’écoute dans la gestion municipale.
 
Quel bilan tirez-vous de la mandature sortante ?
Le sentiment dominant, c’est celui d’un temps perdu. Ajaccio a connu des annonces, des effets de communication, mais sans cap clair, sans hiérarchisation des priorités, et avec une gestion financière qui interroge, comme l’ont montré les alertes répétées des juridictions financières. On voit une ville qui s’est endettée sans stratégie d’investissement lisible, sans vision d’ensemble, avec des dépenses souvent mal priorisées par rapport aux besoins réels des Ajacciens. Quand la Chambre régionale des comptes pointe régulièrement des fragilités de pilotage, ce n’est pas un débat d’experts : ce sont des marges de manœuvre perdues pour le logement, pour les services publics, pour l’entretien de la ville.
 
Quelle est, selon vous, la principale problématique à laquelle Ajaccio est confrontée ?
Je refuse de faire semblant de réduire Ajaccio à un seul problème, parce que tout est lié. Le logement, la désertification du centre-ville, les difficultés de mobilité et de stationnement, la sécurité, le manque de services de proximité : ce sont les pièces d’un même puzzle. La vraie problématique, c’est l’évolution négative de la ville, une lente perte de son identité, de sa vitalité et de ses valeurs : une ville qui se vide de ses habitants à l’année, qui se fragilise socialement et qui n’offre plus suffisamment de perspectives à ses jeunes. Tant qu’on ne regarde pas cette réalité dans sa globalité, on traite des symptômes, jamais la cause.
 
Comment comptez-vous y répondre ?
Notre réponse est claire : c’est notre programme, pensé et construit pour Ajaccio, qui explique comment nous voulons agir. Nous avons une approche globale : agir en même temps sur le logement, les mobilités, le centre-ville, la sécurité, le développement économique, l’éducation et le cadre de vie, avec des priorités assumées et des outils concrets. 
Sur le logement, nous proposons une véritable politique du logement des Ajacciens : régulation des meublés touristiques type Airbnb grâce aux nouveaux outils juridiques, remise sur le marché de logements vacants, usage du foncier public au service des résidents permanents et création d’un fonds d’investissement pour le logement afin de faciliter le retour d’habitants en centre-ville.
Sur les mobilités et le stationnement, nous voulons partir de l’existant mais aller beaucoup plus loin : parkings‑relais, meilleure gestion des entrées de ville, utilisation du golfe comme axe de transport public, exploration d’un parking flottant pour répondre partiellement au manque criant de stationnement.
Tout cela s’inscrit dans une logique simple : redonner à Ajaccio sa place de capitale, une ville où l’on peut vivre, travailler, se déplacer et élever ses enfants dignement.
 
Quel est votre projet pour cette nouvelle mandature ?
Notre projet pour ces six années est de redonner toute sa place à Ajaccio. C’est d’agir et de construire avec ambition et avec sérieux, pas avec des promesses faciles. Six ans peuvent paraître longs, mais ce n’est pas tant que cela lorsqu’on veut remettre une ville sur de bons rails. La première chose que nous ferons, c’est une analyse en profondeur des comptes de la ville : sans vérité budgétaire, sans diagnostic solide, il n’y a ni projet crédible ni investissements sérieux. À partir de là, nous établirons une feuille de route claire, avec des investissements hiérarchisés à court, moyen et long terme, pour que chaque Ajaccien sache ce qui sera fait, dans quel ordre et avec quels moyens.
 
Deux sujets dominent cette campagne : le logement et l’insécurité. Quelles solutions proposez-vous ? 
Je ne considère pas qu’un sujet doive en dominer un autre, ni qu’un thème appartienne en propre à une liste ou à un camp politique. Aucun sujet n’est plus important qu’un autre : logement, sécurité, mobilités, centre‑ville, services publics, tout est travaillé avec la même méthode et le même sérieux dans notre programme. Il est vrai en revanche que, lors de nos rencontres, deux thèmes sont revenus avec le plus de force : le logement et la sécurité, toujours associés à un même sentiment chez les habitants, celui de perdre leurs repères, leurs valeurs, leur identité, et de ne plus reconnaître Ajaccio.
Sur la sécurité, notre ligne est claire : regarder la réalité en face, quartier par quartier, renforcer la police municipale d’action, développer la vidéoprotection et mener une politique de tranquillité publique fondée sur des piliers solides, de la prévention à la répression.
Sur le logement, nous voulons permettre de se loger à l’année, notamment en centre‑ville, avec une politique complète : régulation des meublés touristiques, lutte contre les logements vacants, priorité donnée aux Ajacciens et création d’un fonds d’investissement du logement pour accompagner concrètement les projets.
Ces deux thèmes sont centraux pour les habitants, mais ils ne résument pas notre projet : ils s’inscrivent dans une vision globale qui vise aussi à répondre à la désertification du centre, aux mobilités, au pouvoir d’achat et, au fond, à ce sentiment de déclassement de la ville et de perte d’identité.
 
Quels seront les autres axes forts de votre programme ?
Notre programme repose sur trois grands axes : développer, protéger, préparer.
D’abord, développer : logement, mobilités, stationnement (dont le parking flottant que nous voulons expérimenter), redynamisation économique des quartiers et du centre-ville, soutien aux entreprises locales.
Ensuite, protéger : renforcer la sécurité et la tranquillité publique, mener une véritable politique de solidarités locales, améliorer le cadre de vie dans tous les quartiers, de la petite enfance aux personnes âgées.
Enfin, préparer : faire de l’éducation et de la jeunesse un axe structurant, conduire une transition environnementale de solutions, et redonner à Ajaccio une image forte à travers son patrimoine, sa citadelle, Napoléon, la Madunnuccia et une vraie politique culturelle ambitieuse.
Ces axes forment un tout cohérent : ils visent à préparer Ajaccio pour les 20 prochaines années, pas seulement pour la prochaine échéance électorale.
 
Quelle sera votre priorité si vous êtes élu ? Quelles mesures urgentes faudrait-il prendre ? 
Ma priorité, si je suis élu, sera d’abord de dire la vérité aux Ajacciennes et aux Ajacciens. Je leur dirai dans quelle situation réelle se trouve la ville, sur le plan financier, sur le plan des services et sur le plan des investissements déjà engagés. Nous lancerons immédiatement un audit approfondi des comptes et des engagements de la ville, parce que sans diagnostic sincère, il n’y a pas de politique sérieuse ni de programmation crédible. Il faut être lucide : il y a des choses que l’on aimerait faire, et des choses qui seront réellement réalisables dans cette mandature. Notre responsabilité sera de trouver le bon équilibre entre l’ambition et le possible, en concertation avec les principaux intéressés, c’est‑à‑dire les habitants, quartier par quartier. Sur cette base, nous établirons une feuille de route claire, avec des investissements hiérarchisés à court, moyen et long terme, pour que chacun sache ce qui peut être fait tout de suite, ce qui devra être préparé, et ce qui relèvera d’un horizon plus lointain. Ce que je peux dire avec certitude, c’est que ce que je ne ferai pas, c’est continuer à mal dépenser l’argent public : chaque euro devra être utile aux Ajacciens et à l’avenir de la ville.
 
Quelle est la vision de votre commune à 20 ou 30 ans ?
Je veux qu’Ajaccio soit, dans 20 ou 30 ans, une ville qui ait choisi de rester une ville à vivre, pas seulement une ville à visiter. Une ville où les jeunes peuvent se loger et travailler, où le centre-ville est de nouveau habité à l’année, avec des commerces, des écoles, des services, des espaces publics vivants. Une ville qui aura su maîtriser son développement touristique pour ne pas perdre son âme, son identité et sa langue, en valorisant son patrimoine – de la citadelle à Napoléon – au service des habitants autant que des visiteurs. Une ville plus sûre, plus fluide, mieux reliée à son golfe et à ses quartiers, engagée dans la transition environnementale, qui assume son statut de capitale tout en restant profondément ajaccienne dans ses valeurs.
 
Pour revenir au scrutin, quel est, en terme électoral, votre challenge ? Pensez-vous passer le cap du 1er tour ? Avec quel score ? 
Dire aujourd’hui un chiffre précis serait présomptueux : nous respectons les électeurs, ce sont eux qui trancheront. Mais notre challenge est clairement de passer la barre des 10%, de nous installer durablement dans le paysage ajaccien comme une alternative sérieuse et crédible.  Ce que je peux dire, c’est que nous avons énormément travaillé, que nous avons rencontré, écouté, échangé, et construit un projet solide pour Ajaccio. Ce que j’espère que ce travail sera reconnu dans les urnes et nous permettra de franchir ce cap du premier tour.
 
Si vous le passez, quelle sera votre stratégie pour le 2nd tour ? Avez-vous déjà discuté ou envisagé d’éventuelles alliances ? 
Notre priorité, au soir du premier tour, sera de respecter le vote des Ajacciennes et des Ajacciens et de rester fidèles au projet que nous avons présenté. Nous ne sommes pas dans une logique d’arrangements d’appareils, nous sommes dans une logique de cohérence pour Ajaccio. Aujourd'hui les électeurs ont besoin de clarté donc ce qui est certain c'est que nous ne ferons pas d’alliances qui dénatureraient le sens de notre démarche.
 
Si vous ne passez pas le cap du 1er tour, qui soutiendrez-vous ?
Je ne mène pas cette campagne pour préparer un ralliement, je la mène pour proposer une voie nouvelle à Ajaccio. Si, malgré notre travail, nous ne passions pas le cap du premier tour, nous en discuterions collectivement avec la liste, en restant fidèles à deux principes : la transparence vis-à-vis des électeurs et la cohérence avec notre projet. Ce que je peux garantir, c’est que nous ne renierons pas ce que nous avons dit pendant la campagne pour quelques postes de plus ou de moins.
 
Ajaccio est-elle prête, selon vous, à une alternance politique ? 
Oui, je crois qu’Ajaccio est prête à une alternance, parce qu’elle est surtout prête à une autre façon de faire de la politique. Il y a une lassitude, une impression que la ville se dégrade, que les difficultés s’accumulent sans réponses à la hauteur. Notre liste incarne cette alternance : une équipe renouvelée, issue de la société civile, avec un programme solide et un engagement clair pour remettre du sérieux, de la proximité et du respect dans l’action municipale.
 
Quel est votre message aux Ajacciens ? Pourquoi devraient-ils voter pour vous ? Êtes-vous confiant ? 
Mon message est simple : faites confiance à une équipe nouvelle, sérieuse et profondément ajaccienne.
Nous avons un programme solide, travaillé dans le détail, qui ne promet pas l’impossible mais qui propose un chemin crédible pour sortir Ajaccio de l’impasse. Nous avons pris le temps de rencontrer, d’écouter, de comprendre vos attentes et vos colères, et de les traduire en propositions concrètes. Je suis confiant, mais d’une confiance lucide : en politique, le travail finit toujours par payer, et maintenant la parole est aux Ajacciennes et aux Ajacciens. Si vous voulez que les choses changent vraiment, si vous voulez que l’on vous dise la vérité et que l’on agisse avec sérieux, alors votez pour nous