Trafic d'armes vers la Corse : 17 hommes condamnés par le tribunal correctionnel de Marseille

Rédigé le 21/02/2026
AFP

Ce vendredi soir, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné 17 des 22 prévenus jugés depuis le 30 janvier pour ce qui était présenté comme un vaste trafic d'armes et de munitions entre la Corse, le continent, la Suisse et la Sardaigne, à des peines allant d'une amende de 2.500 euros jusqu'à six ans de prison.

Cinq relaxes et des peines bien en deçà des réquisitions : le tribunal correctionnel de Marseille a condamné vendredi 17 des 22 prévenus jugés depuis le 30 janvier pour ce qui était présenté comme un vaste trafic d'armes et de munitions entre la Corse, le continent, la Suisse et la Sardaigne.
 
Les peines vont d'une amende de 2.500 euros jusqu'à six ans de prison, alors que le procureur avait réclamé de lourdes condamnations d'emprisonnement ferme dont le maximum encouru de dix ans contre trois prévenus.
Aucun des neuf mandats de dépôt requis contre des prévenus comparaissant libre n'a été décerné.
 
"Le tribunal a listé pour chaque personne le nombre d'armes et de munitions qui pouvait lui être reproché", a indiqué la présidente, soulignant qu’"une seule conversation non corroborée ne pouvait suffire au niveau probatoire".
 
Placé par l'accusation au sommet de la pyramide, Appien Coti, 36 ans, est condamné à six ans de prison, alors que le procureur avait requis contre lui dix ans avec une période de sûreté des deux tiers.
Dénonçant une "tempête répressive", son avocat Me Erick Campana avait estimé qu'aucun projet criminel n'a été démontré par l'accusation, présentant son client comme un collectionneur d'armes depuis son plus jeune âge.
 
Lundi, avant le réquisitoire, ce restaurateur avait provoqué un rebondissement, en revendiquant la propriété d'un dépôt d'armes et d'explosifs découvert le 13 février dans un immeuble de Propriano.
Les enquêteurs y avaient découvert un arsenal "invraisemblable" selon le qualificatif du procureur d'Ajaccio : 18 kilos d'explosifs, 67 détonateurs, une quarantaine de grenades et une vingtaine d’armes à feu.
 
Un ressortissant suisse a été condamné à cinq ans de prison dont trois ans avec sursis, l'emprisonnement ferme étant à purger sous bracelet électronique.
Il avait reconnu la fourniture d'armes et de munitions à Appien Coti, des armes récupérées auprès de collectionneurs ou auprès de Suisses qui, à l'issue de leur service militaire, conservent leur fusil d'assaut.
 
Présenté par l'accusation comme un autre fournisseur, ancien militaire installé dans le Var, est condamné à quatre ans de prison et non aux dix requis.
Comme tous les prévenus, ce tireur sportif s'est dit animé par "une frénésie pour les armes".
 
Un entrepreneur en BTP sarde a été relaxé alors que le parquet avait réclamé cinq ans de prison contre lui, le décrivant "à la tête d'une filière d'approvisionnement depuis la Sardaigne".
 
Relaxé également Joseph Mocchi, par ailleurs mis en examen pour l'assassinat de son cousin Jean-Christophe Mocchi, chef d'entreprise tué par balles à Propriano en juin 2022.