Festival du cinéma italien de Bastia : le regard du jeune public

Rédigé le 07/02/2026
Philippe Jammes

Cette version 2026 du Festival propose 6 films en compétition. Si ces films seront primés par un jury d’adultes, les organisateurs ont tenu aussi à avoir l’œil, l’avis du jeune public à travers un jury … jeune ! CNI les a rencontrés.


Ce jury est composé de Marie Pogno-Fontana, Paul-Marie Simonpaoli et Massimo Spinelli, tous trois élèves de 3e année en Section Lettres Supérieures Khâgne au lycée Giocante de Casabianca à Bastia.
Volontaires, ils ont été choisis par Marie-Alexandra Colombani, leur professeure agrégée d’italien et présidente de la Dante Alighieri.
Mais qui sont-ils ?
« On est issus de la même classe et on aime tout ce qui se rapporte à l'art en général et le cinéma est un art assez populaire, accessible à tout le monde et donc aux jeunes » déclare Marie Pogno-Fontana. « Dans notre rôle de jury, on visionne tous les films et ensuite on en parle ensemble, on partage nos goûts, ce qu’on a aimé et moins aimé, on compare nos idées ».


Durant toute une semaine, tous les soirs nos trois étudiants se sont retrouvés dans la grande salle de l’Alb’Oru pour les projections, mais les discussions se poursuivaient au lycée également. « Nous avons la chance d'être tous les trois dans la même classe, donc nous en parlions pendant les récrés, entre les cours » explique Massimo Spinelli.


Quel regard jettent-ils sur ce cinéma italien ?
Pour Paul-Marie Simonpaoli, «C'est une très bonne initiative culturelle et on constate que c’est un évènement qui est vraiment attendu chaque année ».


Le cinéma italien, celui des années 50, 60 et 70 ?
« Des films comme ceux de Fellini, par exemple, sont importants » explique Massimo. « Nous avons parfois, même à Bastia, la possibilité de voir, entre guillemets, de vieux films qui portent sur des causes qui importantes et qui font lien avec ce qu'on étudie en cours. Nous portons également un regard d’aujourd'hui, actuel et qui relève des enjeux, pas seulement limités à l'Italie mais de manière plus large à des causes aussi bien insulaires que mondiales » et Marie d’ajouter « Dans le cinéma italien d’aujourd’hui, il y a toujours de grands auteurs, de grands réalisateurs et ça permet d'attirer la jeunesse dans les salles de cinéma ».
Des jeunes qui auront certainement un autre regard que le jury compétition*. « Peut-être parce qu’on est plus jeune, avec donc moins de maturité, de technicité, aura-t-on un regard un peu plus naïf, mais qui parlera peut-être plus à la jeunesse en général. » indique Marie.


Le fait d'être jury, de participer à un festival comme celui-là, le 2e France derrière celui de Villerupt, peut-il leur donner envie d’embrasser une carrière dans le 7e art ?
« Oui tout à fait. Pour des étudiants en littérature, ce sont des chemins qui se recoupent, que ce soit en termes de questions, de messages mais aussi de procédés, de manières de faire comme le cadrage qu'on peut relier à l'écriture ou à ce qu'on étudie les jours » exprime Massimo.
Alors bientôt Marie candidate à un casting ? «Plus qu’actrice, je me vois plutôt derrière la caméra, dans les coulisses ».
Des jeunes qui ont en tout cas une certaine idée de leur avenir. Professeur de littérature pour Marie, historien pour Paul-Marie, un cursus et un métier dans la littérature également pour Massimo.
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* Cédric Appietto, comédien de cinéma et de théâtre, Emmanuelle Mariini, pianiste, professeure agrégée de musique, Frédérique Balbinot Simonpoli, directrice du théâtre de Bastia, metteuse en scène et autrice et Primo Raggioli, président du Comitato Assistenziale e Ricreativo Italiano.