Ce samedi 17 janvier, Sacha Bastelica, leader de Via Citadina, a annoncé qu’il mènera pour les élections municipales à Bastia, une liste regroupant plusieurs mouvements de gauche. Une démarche qu’il présente comme citoyenne et non pas comme une coalition de partis, avec une forte place accordée aux jeunes, un projet axé sur le social et la culture, et une opposition affichée au repli sécuritaire et au nouveau port de Bastia.
- Vous avez annoncé votre démarche en novembre en appelant la gauche à se rassembler. Vous avez réussi à en agglomérer une partie autour de votre mouvement Via Citadina.
- Ecolugia Sulidaria, Europe Écologie Les Verts, Inseme à Manca, Ghjuventù di Manca, et on attend encore un soutien qui pourrait arriver. Mais nous ne sommes pas une coalition de partis, ce sont des citoyens engagés. Ce qui compte, ce sont les idées. La liste ressemblera à tout le monde, avec notamment beaucoup de jeunes. Nous sommes en train de la terminer et nous invitons tous ceux qui veulent la rejoindre à venir.
- L’union avec les communistes n’a pas pu se faire. Selon eux, vous en êtes la cause ?
- Les communistes ont menti à mon sujet concernant les raisons pour lesquelles il n’y aurait pas cette union. J’ai dit publiquement que tout ce qui a été avancé était faux. Au-delà de ça, je ne ferai pas campagne contre les communistes. Qu’ils fassent leur liste, c’est très bien, ça fait vivre la démocratie. Mais nous portons des idées. Il y a une question d’avenir qui se posera. Le Parti communiste défend le port, nous, ce n’est pas le cas.
- Pour revenir à votre liste, vous annoncez un tiers de jeunes de moins de 30 ans.
- Nous serons peut-être les premiers à faire ça dans cette élection municipale. La liste est aussi intergénérationnelle. On y retrouve tous les corps de métier : des personnes du milieu associatif, des chirurgiens, des docteurs, des enseignants, des étudiants, des ouvriers. C’est une démarche qui est à l’image des Bastiais et des Bastiaises, et c’est ça le plus important. Ce n’est pas une démarche partisane, mais une démarche de cœur.
- Vous avez aussi évoqué les difficultés pour la former
- Cela n’a pas été simple, d’autant que nous le faisons à notre compte. Cet engagement que nous sommes en train d’avoir, c’est un engagement personnel. Ce n’est pas parce que ce n’est pas simple qu’il ne faut pas le faire.
- Vous posez aussi un regard critique sur la société corse et la difficulté pour les citoyens de s’engager politiquement.
- Le clientélisme détruit notre démocratie. Combien de personnes que j’ai rencontrées m’ont dit qu’elles nous soutenaient, mais qu’elles avaient peur de s’engager, car c’était trop coûteux. Je les comprends et je leur dis que ce n’est pas normal aujourd’hui, en démocratie, que l’on ait à faire à des méthodes que l’on avait sous la Troisième République, avec une politique de notables et de personnes installées qui font jouer leurs pressions. Je ne serai pas ce candidat. Les gens ne s’engagent pas pour être redevables, mais pour des idées.
- En novembre, vous aviez avancé 60 propositions, vous n’étiez que trois structures politiques. Aujourd’hui, vous êtes plus nombreux. Est-ce que certaines propositions ont évolué ?
- Bien sûr ! Au-delà des partis, les gens nous ont apporté énormément d’idées. Maintenant, on réfléchit à la manière de les mettre en avant. On utilise beaucoup les réseaux sociaux.
- Quatre grands axes : le social, la culture, l’opposition au virage sécuritaire proposé par certains candidats et votre opposition à un nouveau port à Bastia.
- Cette opposition au nouveau port est fondamentale. Nous considérons aujourd’hui que la question du nouveau port joue l’avenir de Bastia, de la Corse et plus généralement de la société. Et même si certains disent que ce n’est pas du ressort du maire, c’est au maire de s’y opposer. Nous considérons que le développement de Bastia ne doit pas se faire autour du tourisme, mais de son autonomie. L’autonomie, c’est la souveraineté alimentaire, la démocratie, l’écologie, une économie autour des artisans et des commerçants, qui va au-delà du fait de recevoir des bateaux de croisière, de bétoniser le littoral et de détruire l’environnement.
- Concernant la sécurité, vous priorisez le social, la médiation et la culture, face à des candidats qui, pour certains, optent pour un virage sécuritaire plus dur.
- C’est complètement l’inverse qu’il faut faire. Il faut se battre avec ses idées. C’est là où je les mets en garde. On préférera toujours l’original à la copie. Et si aujourd’hui ils se mettent à jouer sur un terrain qui n’est pas censé être le leur, alors soit ils commencent à adhérer aux idées, et là je dirais « mon Dieu », soit il y a une véritable erreur de tactique. Et dans ce cas, il faut s’y opposer.
- Comment diffuser et faire infuser ces idées de gauche alors que la société semble aujourd’hui tendre davantage vers la droite, voire l’extrême droite ?
- Ce n’est que par des réponses sociales que l’on peut éviter la droitisation, ou encore le repli sécuritaire. S’il y a un repli sécuritaire, c’est qu’il n’y a plus de lien social, mais aussi que les associations peinent à prendre en charge tout le monde, ou encore que les gens sont oubliés et abandonnés. Il faut remettre du lien social. Je parlais de brigades citoyennes, c’est une idée. On peut aussi avoir des éducateurs de quartier. Il faut aider les associations pour l’avenir de la ville, car tout se jouera autour du lien social.
- Ce que vous dites aux Bastiais, notamment aux plus précaires, c’est de ne pas voter contre leurs intérêts et pour des programmes plus libéraux.
- Oui. Tous les candidats qui vous font miroiter la possibilité d’avoir des logements sociaux en fonction de critères ethniques ou de résidence fiscale font campagne d’une manière abjecte, car ce sont des mesures illégales qui n’auront jamais lieu. Il faut être sérieux et rationnel. On répond à la pauvreté par des mesures concrètes : des épiceries solidaires, une tarification progressive de l’eau. Ces solutions-là, nous serons quasiment les seuls à les porter.
- Avec l’ambition de se maintenir au second tour de l’élection.
- Une place au second tour, et pourquoi pas gagner !
- Ecolugia Sulidaria, Europe Écologie Les Verts, Inseme à Manca, Ghjuventù di Manca, et on attend encore un soutien qui pourrait arriver. Mais nous ne sommes pas une coalition de partis, ce sont des citoyens engagés. Ce qui compte, ce sont les idées. La liste ressemblera à tout le monde, avec notamment beaucoup de jeunes. Nous sommes en train de la terminer et nous invitons tous ceux qui veulent la rejoindre à venir.
- L’union avec les communistes n’a pas pu se faire. Selon eux, vous en êtes la cause ?
- Les communistes ont menti à mon sujet concernant les raisons pour lesquelles il n’y aurait pas cette union. J’ai dit publiquement que tout ce qui a été avancé était faux. Au-delà de ça, je ne ferai pas campagne contre les communistes. Qu’ils fassent leur liste, c’est très bien, ça fait vivre la démocratie. Mais nous portons des idées. Il y a une question d’avenir qui se posera. Le Parti communiste défend le port, nous, ce n’est pas le cas.
- Pour revenir à votre liste, vous annoncez un tiers de jeunes de moins de 30 ans.
- Nous serons peut-être les premiers à faire ça dans cette élection municipale. La liste est aussi intergénérationnelle. On y retrouve tous les corps de métier : des personnes du milieu associatif, des chirurgiens, des docteurs, des enseignants, des étudiants, des ouvriers. C’est une démarche qui est à l’image des Bastiais et des Bastiaises, et c’est ça le plus important. Ce n’est pas une démarche partisane, mais une démarche de cœur.
- Vous avez aussi évoqué les difficultés pour la former
- Cela n’a pas été simple, d’autant que nous le faisons à notre compte. Cet engagement que nous sommes en train d’avoir, c’est un engagement personnel. Ce n’est pas parce que ce n’est pas simple qu’il ne faut pas le faire.
- Vous posez aussi un regard critique sur la société corse et la difficulté pour les citoyens de s’engager politiquement.
- Le clientélisme détruit notre démocratie. Combien de personnes que j’ai rencontrées m’ont dit qu’elles nous soutenaient, mais qu’elles avaient peur de s’engager, car c’était trop coûteux. Je les comprends et je leur dis que ce n’est pas normal aujourd’hui, en démocratie, que l’on ait à faire à des méthodes que l’on avait sous la Troisième République, avec une politique de notables et de personnes installées qui font jouer leurs pressions. Je ne serai pas ce candidat. Les gens ne s’engagent pas pour être redevables, mais pour des idées.
- En novembre, vous aviez avancé 60 propositions, vous n’étiez que trois structures politiques. Aujourd’hui, vous êtes plus nombreux. Est-ce que certaines propositions ont évolué ?
- Bien sûr ! Au-delà des partis, les gens nous ont apporté énormément d’idées. Maintenant, on réfléchit à la manière de les mettre en avant. On utilise beaucoup les réseaux sociaux.
- Quatre grands axes : le social, la culture, l’opposition au virage sécuritaire proposé par certains candidats et votre opposition à un nouveau port à Bastia.
- Cette opposition au nouveau port est fondamentale. Nous considérons aujourd’hui que la question du nouveau port joue l’avenir de Bastia, de la Corse et plus généralement de la société. Et même si certains disent que ce n’est pas du ressort du maire, c’est au maire de s’y opposer. Nous considérons que le développement de Bastia ne doit pas se faire autour du tourisme, mais de son autonomie. L’autonomie, c’est la souveraineté alimentaire, la démocratie, l’écologie, une économie autour des artisans et des commerçants, qui va au-delà du fait de recevoir des bateaux de croisière, de bétoniser le littoral et de détruire l’environnement.
- Concernant la sécurité, vous priorisez le social, la médiation et la culture, face à des candidats qui, pour certains, optent pour un virage sécuritaire plus dur.
- C’est complètement l’inverse qu’il faut faire. Il faut se battre avec ses idées. C’est là où je les mets en garde. On préférera toujours l’original à la copie. Et si aujourd’hui ils se mettent à jouer sur un terrain qui n’est pas censé être le leur, alors soit ils commencent à adhérer aux idées, et là je dirais « mon Dieu », soit il y a une véritable erreur de tactique. Et dans ce cas, il faut s’y opposer.
- Comment diffuser et faire infuser ces idées de gauche alors que la société semble aujourd’hui tendre davantage vers la droite, voire l’extrême droite ?
- Ce n’est que par des réponses sociales que l’on peut éviter la droitisation, ou encore le repli sécuritaire. S’il y a un repli sécuritaire, c’est qu’il n’y a plus de lien social, mais aussi que les associations peinent à prendre en charge tout le monde, ou encore que les gens sont oubliés et abandonnés. Il faut remettre du lien social. Je parlais de brigades citoyennes, c’est une idée. On peut aussi avoir des éducateurs de quartier. Il faut aider les associations pour l’avenir de la ville, car tout se jouera autour du lien social.
- Ce que vous dites aux Bastiais, notamment aux plus précaires, c’est de ne pas voter contre leurs intérêts et pour des programmes plus libéraux.
- Oui. Tous les candidats qui vous font miroiter la possibilité d’avoir des logements sociaux en fonction de critères ethniques ou de résidence fiscale font campagne d’une manière abjecte, car ce sont des mesures illégales qui n’auront jamais lieu. Il faut être sérieux et rationnel. On répond à la pauvreté par des mesures concrètes : des épiceries solidaires, une tarification progressive de l’eau. Ces solutions-là, nous serons quasiment les seuls à les porter.
- Avec l’ambition de se maintenir au second tour de l’élection.
- Une place au second tour, et pourquoi pas gagner !