Porto-Vecchio - Que faire des tombes abandonnées dans le cimetière de Santa Catalina ?

Rédigé le 13/01/2026
Julien Castelli

Recenser les tombes à l’abandon, pour ensuite les réattribuer, c’est le travail délicat qui va être mené par les services de Porto-Vecchio, dans le cimetière historique de Santa Catalina, en centre-ville.

Le cimetière de Santa Catalina, dans le centre de Porto-Vecchio.

« C’est une démarche qui n’est pas évidente. On aimerait ne pas avoir à toucher à nos morts... », a confié, embarrassé, Jean-Michel Sauli, au diapason d’un conseil municipal conscient d’aborder « un sujet compliqué et sensible », s’en est émue Nenette Ferracci, conseillère municipale préposée au dossier.

Mais la démarche part d’un double constat : d’un côté, plusieurs tombes - « une centaine » selon Nenette Ferracci – présentent un état d’abandon : ces sépultures ne sont plus entretenues ou bien sont recouvertes de végétation, quand d’autres s’effritent ou commencent à tomber à en ruine. De l’autre côté, les services de la ville reçoivent des demandes de nouvelles attributions de concessions de la part de la population porto-vecchiaise, mais ne peuvent y répondre favorablement faute de disponibilité : « Ca fait quelques années déjà qu’il n’y a plus de place à Santa Catalina », confirme Nenette Ferracci, qui n’a d’autre solution que d’orienter les familles vers l’acquisition d’une concession dans d’autres cimetières porto-vecchiais.

"Trente ans, ça me gêne un peu"

La délibération votée ce lundi 12 janvier par les élus a vocation à autoriser le maire à engager le lancement de la procédure de reprise de concession en état d’abandon dans le cimetière ancien de Santa Catalina, ainsi que leur réattribution. Laquelle interviendra au terme d’une procédure rigoureuse : « Les concessions visées par la reprise doivent être en état manifeste d’abandon, avoir au moins trente années d’existence et n’avoir enregistré aucune inhumation au cours des dix dernières années », prévoit le texte voté. « Le délai de trente ans, ça me gêne un peu », a objecté l’élue d’opposition Florence Valli. Le maire Jean-Christophe Angelini a tenté de la rassurer : « On le fera quand on sera sûr qu’il n’y aura plus jamais de présence ou d’intervention humaine autour d’une tombe. »

D’autant qu’une procédure de reprise des concessions en état d’abandon vise en premier lieu à informer les ayants droit de la procédure engagée, ce qui leur laisse la possibilité d’y mettre fin en procédant à la remise en état de leur concession. À Santa Catalina, les concessions ont été attribuées à perpétuité, sous réserve que celles-ci ne sont pas abandonnées. Durant le conseil municipal, la perspective de ramener à trente ans la durée des futures concessions a été évoquée, sans que la question ne soit tranchée : « Trente ans, ce serait si personne ne vient plus entretenir, précise Nenette Ferracci. Mais il serait tout à fait possible de renouveler l’attribution de la concession à la demande. »

À Tenda, aussi ?

Le cimetière de Santa Catalina pourrait ne pas être le seul cimetière porto-vecchiais à faire l’objet d’une telle procédure de recensement des tombes abandonnées : « Sur celui de Tenda, où on arrive aussi à saturation, il y a entre quarante à cinquante tombes qui sont délabrées », souligne la conseillère municipale de la majorité. À Santa Catalina, le coût prévisionnel pour cette prestation de services est estimé entre 25 000 et 30 000 euros, à répartir entre 2026 et 2028.