Jean-Christophe Angelini avait 25 ans la première fois qu’il s’est présenté aux municipales dans la cité du Sel. Il en a désormais 50, et celui qui est finalement devenu maire de Porto-Vecchio en 2020 au bout de quatre tentatives assure qu’il n’a pas tant changé. Entouré de colistiers en majorité issus de son équipe sortante, il souhaite faire aboutir les gros dossiers porto-vecchiais (port, logement, assainissement) à la faveur d’un deuxième mandat. Tout en détaillant ses projets pour la troisième ville de Corse, il a accepté pour Corse Net Infos de clarifier son positionnement politique actuel et ses ambitions pour la Collectivité de Corse.
- Jean-Christophe Angelini, vous voici engagé dans votre cinquième campagne municipale à Portivechju, mais à la différence des précédentes, vous menez celle-ci dans la peau du maire sortant. Qu'est-ce que ça change dans l'état d'esprit qui vous anime ?
A peu près tout. En 2001 j'étais jeune militant et m'inscrivais dans une démarche de principe, plus que de conquête. Il ne s'agissait pas de gagner, mais de représenter un courant d'idées, le courant autonomiste, qui en était à ses débuts. En 2020, grâce aux Porto-Vecchiais auxquels je dois tout, je suis devenu maire. Et je le dis sans prétention particulière, aujourd'hui j'ai le sentiment du devoir accompli.
- A l’heure du bilan de votre premier mandat, vous avancez la somme de 150 millions d'euros d'investissement en six ans...
Oui, ce qui est colossal. On parle beaucoup, et c'est normal, du port de plaisance ou du PLU (plan local d’urbanisme), je voudrais parler aussi de la cuisine municipale, de l'école de Ceccia et de celle de Pifanu, du marché de Poretta, d'a piazza'llu quartieri et de la rénovation de la Salle Rouge et de l'EHPAD. Ainsi que de tout ce qu'on ne peut mesurer en terme de chantier : la programmation culturelle, la communauté professionnelle territoriale de santé, le maintien de la maternité - un combat partagé, pas simplement municipal -, la politique sportive, le CCAS qu'on a créé de toutes pièces et qui reçoit aujourd’hui 1 500 visites par an. Et puis les grands événements : le festival du film, le festival du livre... Il y a une dynamique nouvelle.
- On parle d'une ville, Portivechju ,qui est un bastion du « Roccaserisme », dont vous n'êtes pas issu. Or ce bastion, vous avez été le premier en 2020 à le faire tomber, après 70 ans de campagnes électorales (1). Un exploit, mais compte tenu de cette réalité historique et politique locale, le plus dur n'est-il pas de confirmer ?
Oui, ce qui compte le plus, c'est de gagner politiquement, au sens de la durée et de la transformation partagée de la vie des gens et du territoire. Et aujourd'hui, effectivement, nous sommes devant un nouveau défi : confirmer l'élan de 2020, même si les dernières élections - je pense aux territoriales et aux deux législatives de 2022 et de 2024 - l'ont a priori consolidé. Je me suis effectivement attaché à faire tomber un bastion avec mes amis et nous n'avons réussi que parce que le travail a été collectif. Et aujourd'hui, à l'endroit de ce même bastion et de ceux qui l'ont représenté, je cultive le plus grand respect.
- En vous élisant maire en 2020, les Porto-Vecchiais avaient manifesté leur volonté d'alternance. Comment pensez-vous l'avoir incarnée ?
Je crois qu'il y a d'abord eu, dans la multitude de raisons qui ont conduit à la défaite de mes prédécesseurs, une forme d'isolement, une espèce de syndrome de la tour d'ivoire. Cette mairie n'était quasiment plus a casa cumuna. On en a refait, y compris techniquement, un lieu dans lequel les Porto-Vecchiais, tous les jours, viennent, échangent, font part de leurs inquiétudes ou de leurs attentes. Ça, c'est un premier acquis, qu'on a conforté par la retransmission de nos débats en direct - ce qui n'existait pas – des conseils municipaux. Ensuite, on a communiqué seulement sur ce que l'on a fait, ou que l'on était sûr de réaliser. On n'a pas vendu de rêve aux Porto-Vecchiais. Enfin, on a eu ce souci du rassemblement. Aujourd’hui, les Porto-Vecchiais verbalisent et expriment leurs accords et désaccords dans un cadre apaisé et constructif.
- Quelque part, prôner l'apaisement, n'est-ce pas la stratégie de tout maire sortant ?
Au-delà de l'apaisement, ce que je prône, c'est la capacité à construire ensemble sur un certain nombre de sujets. On sait qu'il existe des divergences avec l'actuelle opposition, sur quantité de sujets. Mais mon point de vue, c'est qu'elles ne doivent en aucun cas nous empêcher de travailler sur ce qui nous est commun et important.
A peu près tout. En 2001 j'étais jeune militant et m'inscrivais dans une démarche de principe, plus que de conquête. Il ne s'agissait pas de gagner, mais de représenter un courant d'idées, le courant autonomiste, qui en était à ses débuts. En 2020, grâce aux Porto-Vecchiais auxquels je dois tout, je suis devenu maire. Et je le dis sans prétention particulière, aujourd'hui j'ai le sentiment du devoir accompli.
- A l’heure du bilan de votre premier mandat, vous avancez la somme de 150 millions d'euros d'investissement en six ans...
Oui, ce qui est colossal. On parle beaucoup, et c'est normal, du port de plaisance ou du PLU (plan local d’urbanisme), je voudrais parler aussi de la cuisine municipale, de l'école de Ceccia et de celle de Pifanu, du marché de Poretta, d'a piazza'llu quartieri et de la rénovation de la Salle Rouge et de l'EHPAD. Ainsi que de tout ce qu'on ne peut mesurer en terme de chantier : la programmation culturelle, la communauté professionnelle territoriale de santé, le maintien de la maternité - un combat partagé, pas simplement municipal -, la politique sportive, le CCAS qu'on a créé de toutes pièces et qui reçoit aujourd’hui 1 500 visites par an. Et puis les grands événements : le festival du film, le festival du livre... Il y a une dynamique nouvelle.
- On parle d'une ville, Portivechju ,qui est un bastion du « Roccaserisme », dont vous n'êtes pas issu. Or ce bastion, vous avez été le premier en 2020 à le faire tomber, après 70 ans de campagnes électorales (1). Un exploit, mais compte tenu de cette réalité historique et politique locale, le plus dur n'est-il pas de confirmer ?
Oui, ce qui compte le plus, c'est de gagner politiquement, au sens de la durée et de la transformation partagée de la vie des gens et du territoire. Et aujourd'hui, effectivement, nous sommes devant un nouveau défi : confirmer l'élan de 2020, même si les dernières élections - je pense aux territoriales et aux deux législatives de 2022 et de 2024 - l'ont a priori consolidé. Je me suis effectivement attaché à faire tomber un bastion avec mes amis et nous n'avons réussi que parce que le travail a été collectif. Et aujourd'hui, à l'endroit de ce même bastion et de ceux qui l'ont représenté, je cultive le plus grand respect.
- En vous élisant maire en 2020, les Porto-Vecchiais avaient manifesté leur volonté d'alternance. Comment pensez-vous l'avoir incarnée ?
Je crois qu'il y a d'abord eu, dans la multitude de raisons qui ont conduit à la défaite de mes prédécesseurs, une forme d'isolement, une espèce de syndrome de la tour d'ivoire. Cette mairie n'était quasiment plus a casa cumuna. On en a refait, y compris techniquement, un lieu dans lequel les Porto-Vecchiais, tous les jours, viennent, échangent, font part de leurs inquiétudes ou de leurs attentes. Ça, c'est un premier acquis, qu'on a conforté par la retransmission de nos débats en direct - ce qui n'existait pas – des conseils municipaux. Ensuite, on a communiqué seulement sur ce que l'on a fait, ou que l'on était sûr de réaliser. On n'a pas vendu de rêve aux Porto-Vecchiais. Enfin, on a eu ce souci du rassemblement. Aujourd’hui, les Porto-Vecchiais verbalisent et expriment leurs accords et désaccords dans un cadre apaisé et constructif.
- Quelque part, prôner l'apaisement, n'est-ce pas la stratégie de tout maire sortant ?
Au-delà de l'apaisement, ce que je prône, c'est la capacité à construire ensemble sur un certain nombre de sujets. On sait qu'il existe des divergences avec l'actuelle opposition, sur quantité de sujets. Mais mon point de vue, c'est qu'elles ne doivent en aucun cas nous empêcher de travailler sur ce qui nous est commun et important.
- Ces divergences, on les aura rarement vues s'exprimer en conseil municipal. Doit-on en conclure que vous avez appliqué, en grande partie, le programme de l'opposition, comme celle-ci a pu le prétendre au sujet du projet d'extension du port ?
Chacun sait que notre programme n'est pas le leur, que leur programme n'est pas le nôtre. Prenons l'exemple du port qui est le plus parlant. Le port ancien, tel que proposé par mes prédécesseurs, incluait 2 000 anneaux, une délégation de service de public pour le port nouveau et pour le port actuel, et induisait selon moi une absence de vision sur la totalité du site. Notre projet fait 800 anneaux en incluant le vieux port et est en régie totale - pas simplement pour les anneaux, mais également pour les places de parking et les locaux commerciaux. Donc on parle toujours d'un port, mais en des termes qui sont aux antipodes de ceux proposés à l'époque. Je crois que ce qui a conduit l'opposition à nous soutenir, quasiment tout le temps, c'est leur volonté de laisser une équipe jeune arrivant en responsabilité après 70 ans sans alternance, faire ses armes, sans lui poser systématiquement de difficultés.
- De fait, il s'est opéré un rapprochement durant ces six ans avec l'équipe de Georges Mela, au point que la question se soit posée de constituer une liste commune.
On ne peut pas parler de rapprochement au sens strict, puisqu'un rapprochement induit un accord politique. Or, il n'y en a jamais eu durant la mandature. J'ai dit mon souci d'un travail en commun avec l'opposition, d'une collaboration active, et en même temps j'ai exprimé assez vite l'incapacité ou l'impossibilité de voir émerger une liste unique au premier tour.
- Pour quelles raisons ?
Tout d'abord l'aspiration des Porto-Vecchiais que nous avons consultés pendant des mois, et qui nous ont fait savoir de façon quasi unanime qu'ils souhaitaient que notre équipe se distingue encore des équipes du passé. Ensuite, nous ne voulions pas d'un écrasement de la vie publique par une liste monolithique qui aurait donné l'impression de vouloir capter tout le pouvoir dès le premier tour. On est aujourd'hui dans une démarche plus démocratique.
- Vous repartez donc avec une majorité de conseillers déjà en place à vos côtés ?
Oui, une grande majorité. Car on ne peut pas se prévaloir d'un bilan pertinent et ne pas reconduire celles et ceux qui l'ont incarné. Mais on aura un renouvellement d'un bon tiers, pour permettre de continuer à rajeunir et dynamiser. Nous présenterons notre liste mi-février.
- Au-delà de Portivechju, se pose aujourd'hui en Corse la question du positionnement politique de Jean-Christophe Angelini. En six ans, vous vous êtes rapproché de Georges Mela, Jean-Charles Orsucci, Laurent Marcangeli. Tandis que s'est creusé le fossé avec Gilles Simeoni. Aujourd'hui, le Jean-Christophe Angelini de 2026 est-il le même que celui de 2020 ?
A la fois le même et un autre. Le même, parce que toujours nationaliste. Et je le serai, je crois, jusqu'à la fin de mes jours. J'en suis même convaincu. Différent, parce que l'exercice du pouvoir vous change et vous oblige à une éthique nouvelle, à une responsabilité institutionnelle. à une conduite différente. Pour le reste, de la même manière que pour Georges Mela, parler de rapprochement avec Laurent ou Jean-Charles est à mon avis un peu excessif. Nous avons mené des combats communs. Le plus récent étant celui contre l'extrême droite et François Filoni, aux législatives . Pour l'autonomie aussi puisque nous étions tous trois engagés en faveur du processus et de la révision constitutionnelle. Ceci étant dit, je discute tout autant avec quantité de nationalistes. De Nazione, de Core in Fronte, et de plus en plus de Femu a Corsica. J'ai un différend désormais connu avec, non pas Gilles Simeoni, non pas son mouvement, mais la gestion de la collectivité de Corse , dont je pense qu'elle est catastrophique, à tout point de vue. Ça ne fait pas de moi quelqu'un qui aurait renié ses idéaux ou abandonné ses convictions. Peut-on encore dans ce pays critiquer la majorité territoriale, sans être taxé de reniement, voire de trahison ? Moi je considère l'inverse : parce qu'on est nationaliste, on se doit critiquer ce qui se passe aujourd'hui à la Collectivité. Parce que pour moi, c'est désormais très éloigné des raisons qui nous ont conduit à nous impliquer, pour notre part, il y a plus de 30 ans maintenant. Alors je dis attention aux caricatures : on disait qu'il y aurait une liste unique avec Georges Mela, ça n'est pas le cas. On disait que mes amis seraient sur la liste de Stéphane Braggia à Ajaccio dès le premier tour, ça n'est pas le cas . On disait que nous aurions à l'endroit de l'extrême-droite ou d'autres, une forme de complaisance pour ménager l'avenir. Ça n'est absolument pas le cas.
Chacun sait que notre programme n'est pas le leur, que leur programme n'est pas le nôtre. Prenons l'exemple du port qui est le plus parlant. Le port ancien, tel que proposé par mes prédécesseurs, incluait 2 000 anneaux, une délégation de service de public pour le port nouveau et pour le port actuel, et induisait selon moi une absence de vision sur la totalité du site. Notre projet fait 800 anneaux en incluant le vieux port et est en régie totale - pas simplement pour les anneaux, mais également pour les places de parking et les locaux commerciaux. Donc on parle toujours d'un port, mais en des termes qui sont aux antipodes de ceux proposés à l'époque. Je crois que ce qui a conduit l'opposition à nous soutenir, quasiment tout le temps, c'est leur volonté de laisser une équipe jeune arrivant en responsabilité après 70 ans sans alternance, faire ses armes, sans lui poser systématiquement de difficultés.
- De fait, il s'est opéré un rapprochement durant ces six ans avec l'équipe de Georges Mela, au point que la question se soit posée de constituer une liste commune.
On ne peut pas parler de rapprochement au sens strict, puisqu'un rapprochement induit un accord politique. Or, il n'y en a jamais eu durant la mandature. J'ai dit mon souci d'un travail en commun avec l'opposition, d'une collaboration active, et en même temps j'ai exprimé assez vite l'incapacité ou l'impossibilité de voir émerger une liste unique au premier tour.
- Pour quelles raisons ?
Tout d'abord l'aspiration des Porto-Vecchiais que nous avons consultés pendant des mois, et qui nous ont fait savoir de façon quasi unanime qu'ils souhaitaient que notre équipe se distingue encore des équipes du passé. Ensuite, nous ne voulions pas d'un écrasement de la vie publique par une liste monolithique qui aurait donné l'impression de vouloir capter tout le pouvoir dès le premier tour. On est aujourd'hui dans une démarche plus démocratique.
- Vous repartez donc avec une majorité de conseillers déjà en place à vos côtés ?
Oui, une grande majorité. Car on ne peut pas se prévaloir d'un bilan pertinent et ne pas reconduire celles et ceux qui l'ont incarné. Mais on aura un renouvellement d'un bon tiers, pour permettre de continuer à rajeunir et dynamiser. Nous présenterons notre liste mi-février.
- Au-delà de Portivechju, se pose aujourd'hui en Corse la question du positionnement politique de Jean-Christophe Angelini. En six ans, vous vous êtes rapproché de Georges Mela, Jean-Charles Orsucci, Laurent Marcangeli. Tandis que s'est creusé le fossé avec Gilles Simeoni. Aujourd'hui, le Jean-Christophe Angelini de 2026 est-il le même que celui de 2020 ?
A la fois le même et un autre. Le même, parce que toujours nationaliste. Et je le serai, je crois, jusqu'à la fin de mes jours. J'en suis même convaincu. Différent, parce que l'exercice du pouvoir vous change et vous oblige à une éthique nouvelle, à une responsabilité institutionnelle. à une conduite différente. Pour le reste, de la même manière que pour Georges Mela, parler de rapprochement avec Laurent ou Jean-Charles est à mon avis un peu excessif. Nous avons mené des combats communs. Le plus récent étant celui contre l'extrême droite et François Filoni, aux législatives . Pour l'autonomie aussi puisque nous étions tous trois engagés en faveur du processus et de la révision constitutionnelle. Ceci étant dit, je discute tout autant avec quantité de nationalistes. De Nazione, de Core in Fronte, et de plus en plus de Femu a Corsica. J'ai un différend désormais connu avec, non pas Gilles Simeoni, non pas son mouvement, mais la gestion de la collectivité de Corse , dont je pense qu'elle est catastrophique, à tout point de vue. Ça ne fait pas de moi quelqu'un qui aurait renié ses idéaux ou abandonné ses convictions. Peut-on encore dans ce pays critiquer la majorité territoriale, sans être taxé de reniement, voire de trahison ? Moi je considère l'inverse : parce qu'on est nationaliste, on se doit critiquer ce qui se passe aujourd'hui à la Collectivité. Parce que pour moi, c'est désormais très éloigné des raisons qui nous ont conduit à nous impliquer, pour notre part, il y a plus de 30 ans maintenant. Alors je dis attention aux caricatures : on disait qu'il y aurait une liste unique avec Georges Mela, ça n'est pas le cas. On disait que mes amis seraient sur la liste de Stéphane Braggia à Ajaccio dès le premier tour, ça n'est pas le cas . On disait que nous aurions à l'endroit de l'extrême-droite ou d'autres, une forme de complaisance pour ménager l'avenir. Ça n'est absolument pas le cas.
- Le chantier de l'extension du port de plaisance de Porto-Vecchio progresse, mais continue de susciter les interrogations, d'autant que son financement à 145 millions d’euros n'est toujours pas bouclé. Quelles garanties pouvez-vous apporter aujourd’hui sur le devenir de ce pharaonique projet ?
Quel que soit le résultat des urnes, plus personne ne pourra revenir en arrière. Le projet entre dans le dernier tiers du chantier. Nous sommes sur le point d'attribuer de nouveaux marchés publics, notamment pour la capitainerie, les parkings et d'autres bâtiments. Donc le processus est irréversible, et tant mieux. Mais ce projet n'est pas pharaonique, ça renverrait à quelque chose de disproportionné. Or il est adapté. On est sur un projet global qui va faire moins de 10 hectares, dans un golfe qui en fait près de 500. C'est le port actuel qui est sous-dimensionné. Mais on a pris, dans ce domaine là comme dans d'autres en Corse, tellement de retard que dès que l'on pose un acte ambitieux et de long terme, on a l'impression qu'il vient tout bousculer et qu'il est trop important. D’autant qu’ensuite, il ne donnera pas lieu à des extensions nouvelles. C'est un port qu'on pose pour le siècle.
Quant au plan de financement , on est là aussi dans le rythme. Depuis l'engagement de la Banque des Territoires, à hauteur de 35 millions d'euros, tous les feux sont passés au vert. En d'autres termes, nous avons la garantie que le plan de financement sera bouclé à 100 %. J'ai d'ailleurs rencontré le préfet Jalon en décembre, pour évoquer l'avenant PTIC que nous souhaitons pour notre part autour des 10 millions. On en a acquis 20, on en souhaite encore une petite dizaine. En conjuguant cet avenant PTIC qui est à la discrétion de l'État, les fonds européens que nous avons commencé à solliciter, et les fonds de l'ADEME, nous bouclons les 15 à 20 derniers millions qui nous restent.
- Vous n'avez donc plus besoin de commercialiser les anneaux, via les garanties d’usage ?
Oui, mais ça suit son cours. On en est aujourd'hui à 35 % de vente sur les garanties d'usage. Il y a des salons importants qui arrivent, et une saison nouvelle qui se profile. On va certes livrer les 800 anneaux en 2028, mais dans l'intervalle, on ouvrira progressivement le périmètre. Donc le port va gagner en attractivité, et les garanties d'usage continueront de progresser. Je maintiens mon objectif de 50 % à la fin de la saison 2026, puis les 50 autres pourcents à boucler dans les mois qui vont suivre. D’autant que pour l’heure, nous commercialisons seulement depuis la capitainerie, sans avoir fait appel à une entreprise dédiée ou à un cabinet spécialisé.
- Au-delà de son financement, le projet d'extension du port fait parler à Portivechju. D'aucuns se demandent si ce nouveau port sera réellement vecteur d'attractivité économique. Quand d’autres redoutent son impact sur l'environnement...
Sur l'environnement, d'abord. Je n'ai aucune crainte, car le chantier est suivi quotidiennement par plusieurs entités publiques ou privées compétentes : Stella Mare, Endemys le bureau d'études, les services de l'État et nos propres maîtres d'œuvres. Ces sujets là donnent lieu à un suivi scientifique et technique extrêmement rigoureux. C'est le port actuel qui est un désastre écologique. Il suffit d'ailleurs d'y aller en juillet août pour voir les nappes de carburant, les dégazages, quantité de nuisances de toute nature. Le port nouveau, du point de vue de l'assainissement, du traitement des eaux grises et des eaux noires, de la capacité à capter des embarcations qui pratiquent aujourd'hui le mouillage sauvage, sera un port exemplaire.
Sur l'attractivité économique ensuite, elle est aujourd’hui établie. La création d'emplois directs va être de l'ordre de plusieurs centaines d'unités, à peu près 300, très vite. La capitainerie va doubler, de 20 à 40 personnes en été. Les loueurs de bateaux, les entreprises de promenade en mer vont croître leurs effectifs. Il y aura les commerces, la gestion des parkings, la conciergerie, l'accastillage, etc. Ensuite, l’idée c'est d'inscrire Porto-Vecchio dans le circuit des grands ports de plaisance de la Méditerranée avec les ports sardes, les ports de la Côte d’Azur et d'autres. Et d'imaginer un circuit qui nous positionne et nous reconnaisse.
- Il y a le projet d’extension du port, mais vous êtes également très attentif au réaménagement de ses abords. Où en est-on aujourd’hui ?
Nous avons formellement mis à l'étude la liaison ville-port. C'est parti ! A priori, depuis la ruine Guaschi, que nous avons achetée . Elle pourrait être le point d'accès d'une gare pour un ascenseur urbain . L’étude le dira, mais la liaison ville-port se fera, soit par un escalier monumental, soit par un circuit de navettes, soit donc par un ascenseur urbain. Deuxièmement, on a organisé avec le Conservatoire du littoral, durant l'été, une visite de la zone naturelle du Stabiacciu, en vue d'acquérir plusieurs dizaines d'hectares pour y aménager un parc. La directrice du conservatoire est venue avec un ingénieur écologue, on a visité le site. On va aller au bout des discussions, mais j'ai très bon espoir. Troisièmement, il y aura la liaison entre le port et la zone des Quatre-Chemins, un enjeu qui a été traité au PLU.
Quel que soit le résultat des urnes, plus personne ne pourra revenir en arrière. Le projet entre dans le dernier tiers du chantier. Nous sommes sur le point d'attribuer de nouveaux marchés publics, notamment pour la capitainerie, les parkings et d'autres bâtiments. Donc le processus est irréversible, et tant mieux. Mais ce projet n'est pas pharaonique, ça renverrait à quelque chose de disproportionné. Or il est adapté. On est sur un projet global qui va faire moins de 10 hectares, dans un golfe qui en fait près de 500. C'est le port actuel qui est sous-dimensionné. Mais on a pris, dans ce domaine là comme dans d'autres en Corse, tellement de retard que dès que l'on pose un acte ambitieux et de long terme, on a l'impression qu'il vient tout bousculer et qu'il est trop important. D’autant qu’ensuite, il ne donnera pas lieu à des extensions nouvelles. C'est un port qu'on pose pour le siècle.
Quant au plan de financement , on est là aussi dans le rythme. Depuis l'engagement de la Banque des Territoires, à hauteur de 35 millions d'euros, tous les feux sont passés au vert. En d'autres termes, nous avons la garantie que le plan de financement sera bouclé à 100 %. J'ai d'ailleurs rencontré le préfet Jalon en décembre, pour évoquer l'avenant PTIC que nous souhaitons pour notre part autour des 10 millions. On en a acquis 20, on en souhaite encore une petite dizaine. En conjuguant cet avenant PTIC qui est à la discrétion de l'État, les fonds européens que nous avons commencé à solliciter, et les fonds de l'ADEME, nous bouclons les 15 à 20 derniers millions qui nous restent.
- Vous n'avez donc plus besoin de commercialiser les anneaux, via les garanties d’usage ?
Oui, mais ça suit son cours. On en est aujourd'hui à 35 % de vente sur les garanties d'usage. Il y a des salons importants qui arrivent, et une saison nouvelle qui se profile. On va certes livrer les 800 anneaux en 2028, mais dans l'intervalle, on ouvrira progressivement le périmètre. Donc le port va gagner en attractivité, et les garanties d'usage continueront de progresser. Je maintiens mon objectif de 50 % à la fin de la saison 2026, puis les 50 autres pourcents à boucler dans les mois qui vont suivre. D’autant que pour l’heure, nous commercialisons seulement depuis la capitainerie, sans avoir fait appel à une entreprise dédiée ou à un cabinet spécialisé.
- Au-delà de son financement, le projet d'extension du port fait parler à Portivechju. D'aucuns se demandent si ce nouveau port sera réellement vecteur d'attractivité économique. Quand d’autres redoutent son impact sur l'environnement...
Sur l'environnement, d'abord. Je n'ai aucune crainte, car le chantier est suivi quotidiennement par plusieurs entités publiques ou privées compétentes : Stella Mare, Endemys le bureau d'études, les services de l'État et nos propres maîtres d'œuvres. Ces sujets là donnent lieu à un suivi scientifique et technique extrêmement rigoureux. C'est le port actuel qui est un désastre écologique. Il suffit d'ailleurs d'y aller en juillet août pour voir les nappes de carburant, les dégazages, quantité de nuisances de toute nature. Le port nouveau, du point de vue de l'assainissement, du traitement des eaux grises et des eaux noires, de la capacité à capter des embarcations qui pratiquent aujourd'hui le mouillage sauvage, sera un port exemplaire.
Sur l'attractivité économique ensuite, elle est aujourd’hui établie. La création d'emplois directs va être de l'ordre de plusieurs centaines d'unités, à peu près 300, très vite. La capitainerie va doubler, de 20 à 40 personnes en été. Les loueurs de bateaux, les entreprises de promenade en mer vont croître leurs effectifs. Il y aura les commerces, la gestion des parkings, la conciergerie, l'accastillage, etc. Ensuite, l’idée c'est d'inscrire Porto-Vecchio dans le circuit des grands ports de plaisance de la Méditerranée avec les ports sardes, les ports de la Côte d’Azur et d'autres. Et d'imaginer un circuit qui nous positionne et nous reconnaisse.
- Il y a le projet d’extension du port, mais vous êtes également très attentif au réaménagement de ses abords. Où en est-on aujourd’hui ?
Nous avons formellement mis à l'étude la liaison ville-port. C'est parti ! A priori, depuis la ruine Guaschi, que nous avons achetée . Elle pourrait être le point d'accès d'une gare pour un ascenseur urbain . L’étude le dira, mais la liaison ville-port se fera, soit par un escalier monumental, soit par un circuit de navettes, soit donc par un ascenseur urbain. Deuxièmement, on a organisé avec le Conservatoire du littoral, durant l'été, une visite de la zone naturelle du Stabiacciu, en vue d'acquérir plusieurs dizaines d'hectares pour y aménager un parc. La directrice du conservatoire est venue avec un ingénieur écologue, on a visité le site. On va aller au bout des discussions, mais j'ai très bon espoir. Troisièmement, il y aura la liaison entre le port et la zone des Quatre-Chemins, un enjeu qui a été traité au PLU.
- Autre dossier incontournable à Portivechju : le logement. Vous avez mis en place le plan « Accasà si ! » soit 1 000 logements à loyer modéré, qui doivent être construits à l'horizon 2034, en vue de rééquilibrer l'offre en logements principaux à Portivechju. Envisagez-vous, comme Jean-Charles Orsucci vient de le faire à Bonifacio, d'interdire en plus les constructions de nouvelles résidences secondaires ?
Aujourd'hui, très clairement, je ne souhaite pas interdire la construction de futures résidences secondaires. Ce que je veux, par le numéro d'enregistrement, par le changement d'usage, et par un PLU résolument tourné vers la résidence principale, c'est rééquilibrer. Et cette mandature a été la première depuis une trentaine d'années à produire plus de résidences principales que de résidences secondaires. Entre 2010 et 2020, sur l'ensemble des permis délivrés, 85 % l’ont été pour des résidences secondaires. Entre 2020 et 2026, c’est 73 %, mais pour des résidences principales. Donc le rééquilibrage a commencé. Avec « Accasà si ! », on a posé les bases d’une reconquête qui va prendre cinq à dix ans , mais qui va permettre très progressivement à chaque Porto-Vecchiais désireux de se loger à l'année à des tarifs abordables de pouvoir le faire.
- Vous prévoyez de faire 200 millions d'euros d'investissement pour Portivechju si vous êtes réélu. Est-ce que vous pouvez détailler vos priorités ?
La première d'entre elles, c’est de finir le port. Ensuite, le deuxième secteur d’investissement concernera l'eau et l'assainissement, avec la construction d’une nouvelle station d’épuration. Enfin, il y aura les routes, la voirie, toutes les politiques publiques que nous finançons. Mais je parle de la seule maîtrise d'ouvrage communale, pas des travaux de la communauté de communes, et notamment le centre aquatique. Je ne parle pas non plus de tous les événements festifs et culturels qui continueront d’animer la ville.
Par ailleurs, on souhaite réhabiliter le Paradisu (l’ancienne colonie de vacances de la forêt de l’Ospedale ). On lancera très prochainement si nous somme réélus, une étude dédiée car on a à coeur de rouvrir ce site et d'en faire un nouveau lieu public. Je veux aussi créer une cellule de veille permanente à l'échelle communale. En d'autres termes, une commission opérationnelle pour orienter l'action économique de la ville dans tous les secteurs, et qui pourra faire face aux risques de sinistres et de défaillances des entreprises. Nous allons porter au moins un équipement public par village. Et lancer un grand plan coeur de ville en liaison avec la communauté de communes : on a mis à l'étude la création d'un parking, en contrebas, et ouvert une réflexion poussée sur la création de commerces de bouche pour redynamiser l'hyper-centre.
- En mars 2028, il y aura les élections territoriales. Serez-vous candidat ?
Oui, mais je resterais un maire à temps plein si les Porto-Vecchiais me réélisent. A ce stade, je ne suis pas candidat à la présidence du conseil exécutif. Très clairement, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Pour moi, tout va bien, en dépit de ce que disent mes détracteurs qui pensent que je n'ai qu'une ambition, déloger X, Y et Z. Non. Moi, ce que je veux à la Collectivité, c'est l'alternance. Clairement. Pas à n'importe quel prix, et en restant profondément nationaliste. Mais l'alternance. On ne peut pas continuer comme ça. Et l'alternance n'est pas synonyme d'un abandon de la mairie. Il y a des tas de fonctions qui peuvent me permettre d'oeuvrer à la construction d'une autre Corse depuis la Collectivité tout en étant le maire de tous les Porto-Vecchiais. »
1. Depuis la Libération, Portivechju n’avait été dirigée que par des membres de la dynastie Rocca Serra ou de ses soutiens : Jean-Paul De Rocca Serra d’abord, son fils Camille ensuite et Georges Mela enfin.
Aujourd'hui, très clairement, je ne souhaite pas interdire la construction de futures résidences secondaires. Ce que je veux, par le numéro d'enregistrement, par le changement d'usage, et par un PLU résolument tourné vers la résidence principale, c'est rééquilibrer. Et cette mandature a été la première depuis une trentaine d'années à produire plus de résidences principales que de résidences secondaires. Entre 2010 et 2020, sur l'ensemble des permis délivrés, 85 % l’ont été pour des résidences secondaires. Entre 2020 et 2026, c’est 73 %, mais pour des résidences principales. Donc le rééquilibrage a commencé. Avec « Accasà si ! », on a posé les bases d’une reconquête qui va prendre cinq à dix ans , mais qui va permettre très progressivement à chaque Porto-Vecchiais désireux de se loger à l'année à des tarifs abordables de pouvoir le faire.
- Vous prévoyez de faire 200 millions d'euros d'investissement pour Portivechju si vous êtes réélu. Est-ce que vous pouvez détailler vos priorités ?
La première d'entre elles, c’est de finir le port. Ensuite, le deuxième secteur d’investissement concernera l'eau et l'assainissement, avec la construction d’une nouvelle station d’épuration. Enfin, il y aura les routes, la voirie, toutes les politiques publiques que nous finançons. Mais je parle de la seule maîtrise d'ouvrage communale, pas des travaux de la communauté de communes, et notamment le centre aquatique. Je ne parle pas non plus de tous les événements festifs et culturels qui continueront d’animer la ville.
Par ailleurs, on souhaite réhabiliter le Paradisu (l’ancienne colonie de vacances de la forêt de l’Ospedale ). On lancera très prochainement si nous somme réélus, une étude dédiée car on a à coeur de rouvrir ce site et d'en faire un nouveau lieu public. Je veux aussi créer une cellule de veille permanente à l'échelle communale. En d'autres termes, une commission opérationnelle pour orienter l'action économique de la ville dans tous les secteurs, et qui pourra faire face aux risques de sinistres et de défaillances des entreprises. Nous allons porter au moins un équipement public par village. Et lancer un grand plan coeur de ville en liaison avec la communauté de communes : on a mis à l'étude la création d'un parking, en contrebas, et ouvert une réflexion poussée sur la création de commerces de bouche pour redynamiser l'hyper-centre.
- En mars 2028, il y aura les élections territoriales. Serez-vous candidat ?
Oui, mais je resterais un maire à temps plein si les Porto-Vecchiais me réélisent. A ce stade, je ne suis pas candidat à la présidence du conseil exécutif. Très clairement, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Pour moi, tout va bien, en dépit de ce que disent mes détracteurs qui pensent que je n'ai qu'une ambition, déloger X, Y et Z. Non. Moi, ce que je veux à la Collectivité, c'est l'alternance. Clairement. Pas à n'importe quel prix, et en restant profondément nationaliste. Mais l'alternance. On ne peut pas continuer comme ça. Et l'alternance n'est pas synonyme d'un abandon de la mairie. Il y a des tas de fonctions qui peuvent me permettre d'oeuvrer à la construction d'une autre Corse depuis la Collectivité tout en étant le maire de tous les Porto-Vecchiais. »
1. Depuis la Libération, Portivechju n’avait été dirigée que par des membres de la dynastie Rocca Serra ou de ses soutiens : Jean-Paul De Rocca Serra d’abord, son fils Camille ensuite et Georges Mela enfin.