« La vie devient toujours plus chère » : à Bastia, le STC appelle à la mobilisation le 29 septembre

Rédigé le 23/09/2026
Léana Serve

À l’occasion de sa rentrée à Bastia, le STC a détaillé ses revendications face à l’augmentation du coût de la vie en Corse. Le syndicat réclame notamment une réflexion sur le plafonnement du prix des carburants et appelle à suivre la mobilisation nationale des agents publics le 29 septembre.

(Photo Gérard Baldocchi)


C’est dans ses locaux bastiais que le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) a effectué sa rentrée ce mercredi matin. Lors d’une conférence de presse, le syndicat a abordé plusieurs sujets de société, à commencer par « la cherté de la vie ». « En Corse, la vie devient toujours plus chère. Le pouvoir d’achat recule et les fins de mois deviennent de plus en plus difficiles. Pour une partie croissante de la population, il ne s'agit même plus de renoncer aux loisirs ou aux dépenses considérées comme secondaires. Il faut désormais arbitrer entre des besoins essentiels », a indiqué le syndicat, prenant pour exemple la hausse du prix des carburants. « Le prix du gazole atteint ou dépasse aujourd’hui 2,36 euros le litre. Et il faut rappeler une chose essentielle. Cette situation n’a pas toujours existé. En 1985, l’essence en Corse était moins chère qu’ailleurs. Les archives démontrent que l’essence corse était encore 20 centimes moins chère que les autres régions. Ce rappel historique est important car il prouve que la cherté du carburant en Corse n’est pas une fatalité. »
 

Face à cette situation, le STC demande « que soit étudiée sérieusement la possibilité d'adapter à la Corse un dispositif de fixation d'un prix maximum de vente des carburants, à l'image des mécanismes existant dans les territoires ultramarins », rappelant notamment « qu’à La Réunion, depuis le 1er septembre 2026, le prix du gazole est ainsi plafonné à 1,68 euro le litre ». « La Corse ne peut pas rester à l'écart de cette réflexion. L'insularité ne peut pas être invoquée systématiquement pour justifier des prix toujours plus élevés. Car en Corse, la voiture n'est pas un luxe. Pour des milliers de travailleurs, elle est indispensable pour se rendre au travail, accompagner les enfants, accéder aux soins ou effectuer les démarches du quotidien. Nous refusons que se déplacer pour travailler ou simplement vivre correctement devienne un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens. »
 

Autre point abordé par le STC : les dépenses liées à l’énergie. Selon le syndicat, « les factures d'électricité et de gaz continuent de peser lourdement sur les budgets ». « Dans le même temps, l'évolution de la taxe foncière vient alourdir encore les charges de nombreux propriétaires, parmi lesquels des salariés, des retraités et des ménages disposant de revenus modestes. » Le STC affirme « refuser les discours qui invitent les travailleurs à simplement « s'adapter » à la vie chère », et indique que « d'autres choix sont possibles ». « Ils passent par une revalorisation réelle des salaires, des pensions et des minima sociaux, par une indexation des rémunérations sur l'évolution du coût de la vie, par la prise en compte concrète des surcoûts liés à l'insularité et par un contrôle renforcé de la formation des prix et des marges. La question de fond est celle du partage des efforts. Pour le STC, ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent payer. Le peuple corse n’a pas à supporter seul les conséquences de choix économiques et politiques auxquels ils ne sont pas associés. »
 

Un appel à la mobilisation le 29 septembre
 

La rentrée du STC a aussi été l’occasion d’aborder la journée nationale de grève et de mobilisation des agents publics, prévue mardi 29 septembre. « En Corse comme ailleurs, les agents publics sont directement confrontés à la perte de pouvoir d'achat, au gel du point d'indice, à la dégradation des conditions de travail et au manque de moyens. Dans de nombreux services, les personnels continuent d'assurer leurs missions avec des effectifs insuffisants et des moyens contraints, alors même que les besoins de la population augmentent », martèle le STC, précisant qu’il « prendra toute sa place dans cette mobilisation aux côtés des autres organisations syndicales ». « Le STC appelle l'ensemble des agents publics de Corse, ses militants et ses sympathisants à participer massivement à la journée de mobilisation du mardi 29 septembre 2026. La colère sociale est là. Elle s'exprime dans les entreprises, dans les services publics et dans les familles. Elle ne pourra pas être éternellement ignorée. Le STC continuera à porter la voix des travailleurs corses, à dénoncer les injustices et à combattre toutes les politiques qui font peser le poids des crises sur ceux qui vivent de leur travail. »