La Cour d’appel de Bastia tenait ce vendredi son audience solennelle de rentrée. À cette occasion, sept magistrats, qui viennent renforcer les effectifs au siège et au parquet, ont été présentés.
(Photos Gérard Baldocchi)
C’est devant un parterre d’officiels que la Cour d’appel de Bastia tenait ce vendredi son audience solennelle de rentrée, présidée par Hélène Davo, première présidente. Un rendez-vous particulièrement important, consacré à l’installation de sept magistrats venus renforcer les effectifs du ressort, au siège comme au parquet. Ces arrivées viennent notamment compenser plusieurs départs, mais témoignent aussi, selon les responsables de la cour, de l’attractivité nouvelle de la Corse auprès des magistrats. Sur les cinq magistrats du siège présentés lors de l’audience, trois avaient déjà exercé sur l’île. « Cette attractivité nouvelle et renforcée, nous avons travaillé à la développer ces dernières années », a souligné Florent Crouhy, avocat général.
Du côté du parquet, Fanny Floquet prend ses fonctions de procureure de la République à Ajaccio. Son parcours l’a notamment conduite au parquet de Paris, où elle a été confrontée aux problématiques liées à la criminalité organisée. Une expérience qui doit lui permettre d’aborder ses nouvelles fonctions avec à la fois « les compétences d’une professionnelle aguerrie » et « un regard neuf », selon la présentation faite lors de l’audience.
À Bastia, Manon Girod rejoint le parquet en qualité de substitut placée auprès du procureur général. Titulaire d’une licence de droit privé et d’un Master justice, conseil et procédure, elle sera notamment chargée « du contentieux des mineurs et de la famille, qui regroupe les violences intra-familiales et les violences sexuelles sur mineurs, sujet qui nous a beaucoup occupé, avec les procureurs de la République et l'ensemble des parquets au cours de cet été, à la suite de la mort tragique de la jeune Lyhanna », a précisé l’avocat général.
Tout juste sortie de l’École nationale de la magistrature, Sanaa Hedidi effectue quant à elle son premier poste dans la magistrature. Après des études à Sciences Po Paris, elle rejoint la Corse comme juge placée. Elle sera d’abord « déléguée pour six mois au tribunal judiciaire de Bastia pour renforcer le service civil avant de rejoindre Ajaccio pour renforcer également le service civil », a pour sa part détaillé Hélène Davo.
Des magistrats déjà familiers de la Corse
La cour accueille également plusieurs magistrats qui connaissent déjà le territoire. Ariane Simon rejoint ainsi la Cour d’appel comme conseillère au service civil. Ancienne avocate à Ajaccio, elle a intégré la magistrature en 2016 et exercé notamment à Coutances, Vire et Marseille. « C'est donc forte de cette expérience de juge de première instance et d'ancienne avocate que vous rejoignez notre Cour dans une autre position, celle de l'appel. Un autre métier qui se nourrira évidemment de votre expérience », a souligné la première présidente.
François Delegove, arrivé en Corse en 2023, devient pour sa part secrétaire général de la première présidente. Ancien lieutenant de police à la brigade des stupéfiants devenu magistrat, il occupe désormais un poste qu’Hélène Davo qualifie elle-même de « peu connu », un « aiguilleur du ciel qui va accompagner le premier président dans son rôle de catalyseur et de garant de l'efficacité collective ».
Enfin, Claire Liaud prend la présidence de la Chambre civile. Magistrate depuis 1997, ancienne présidente de juridiction à Saintes et à Bastia et passée par la chancellerie, elle retrouve ainsi la Corse. Elle aura notamment pour mission « d’introduire un collectif au sein du siège, continuer l'impulsion absolument nécessaire de la médiation et animer le collectif de l'ensemble des magistrats civilistes du ressort, en lien avec le barreau ». Elsa Keravel, absente de l’audience, devient quant à elle conseillère.
Avec ces installations, la première présidente de la Cour d’appel a tenu à rappeler que les magistrats devront « avoir du courage, le courage de ne pas plier aux pressions, le courage de défendre l'État de droit qui est notre mission cardinale ». En attendant l’installation officielle du nouveau procureur général, prévue le mois prochain, l’avocat général a quant à lui souligné « qu'être magistrat au parquet en Corse est un exercice difficile mais passionnant ». « Si la lutte contre la criminalité organisée doit être centrale et la politique pénale développée sur notre ressort, elle ne constitue cependant pas l'unique objet de nos préoccupations et vous aurez, Mesdames et Messieurs les nouveaux magistrats, chers collègues, l'occasion de le constater dans vos différentes fonctions respectives. »