Depuis plus de dix ans, la municipalité de Bastia organise chaque année une collecte de denrées à l’occasion de la Sant’Andria. Ce vendredi, le petit train a sillonné les écoles et la crèche de la ville pour récupérer pâtes, conserves et produits d’hygiène, destinés aux cinq associations partenaires. Une opération qui sensibilise les enfants à la solidarité tout en venant en aide aux plus démunis en cette fin d’année.
La tradition de la Sant’Andria continue de fédérer les écoles bastiaises. Ce vendredi matin, le petit train de Bastia a sillonné les écoles et la crèche de la ville pour recueillir les denrées préparées par les établissements scolaires. Un événement solidaire organisé par la municipalité depuis plus de 10 ans. « Les parents donnent des denrées à leurs enfants qui les amènent dans leur école, et le petit train passe ensuite les récupérer », expliquent les équipes municipales, occupées à décharger les premiers cartons devant la salle polyvalente de Lupino. « Dans le train, il y a un carton par école, et la mairie a un fourgon qui se charge de récupérer le reste. » Au fil de la matinée, pâtes, conserves, sauces ou encore produits d’hygiène s’accumulent. Si la plupart des produits proviennent des écoles, d’autres arrivent des six points de collecte que la mairie a mis en place depuis quelques jours dans la ville.
Toutes les denrées sont ensuite distribuées aux cinq associations partenaires : le Secours populaire, les Restos du Cœur, le Secours catholique, Partage et le Resto social. « S’il reste des denrées, on en donnera aussi aux étudiants de Corte, on ne les oublie pas. » Pour les associations, une telle collecte permet de compléter leurs stocks à distribuer. « L’année dernière, on a récolté plus de trois tonnes rien qu’avec les écoles », explique Sandrine, bénévole aux Restos du Cœur. « Ça fait deux à trois mois de distribution, et ça permet vraiment de compléter ce qu’on achète et ce qu’on nous donne. »
Une aide précieuse pour les associations
Pour les associations, cette collecte arrive à un moment crucial. « Ça nous permet de pouvoir donner un peu plus en cette fin d’année que le colis qu’on donne habituellement chaque mois », souligne Jocelyne Remoto de l'association Partage, qui distribue des denrées alimentaires aux personnes envoyées par les services sociaux. « Il y a une grande demande, surtout chez les jeunes, il y a une forte augmentation de jeunes précaires, et ce genre de collecte nous permet de pouvoir leur donner un peu plus. C'est vrai que les grandes surfaces nous donnaient beaucoup plus, mais c’est moins le cas aujourd’hui, et on a aussi de moins en moins de subventions, donc l'aide extérieure est appréciée. »
Un avis partagé par Jean-Dominique, bénévole au Secours populaire. « Ça nous apporte un appui supplémentaire, et en plus, ça nous rend plus visibles auprès de la population. Il y a un besoin qui s'accroît de plus en plus, notamment en fin d'année, bien évidemment. Et en parallèle, nous avons une diminution des dons à cause de la cherté de la vie, de l'augmentation des prix… Tout ça fait que nous avons de moins en moins de marchandises à distribuer aux bénéficiaires. Mais cette collecte permet aussi de montrer que nous sommes une association dynamique, comme toutes celles qui sont ici et qui viennent en aide aux défavorisés de la ville. »
Dans ce contexte, l’opération conduite par la municipalité apparaît comme un soutien essentiel. « La Sant'Andria est incontournable parce que ça nous permet de toucher toutes les écoles et de compléter les stocks que nous avons aux Restos du Cœur pour pallier des mois qui sont de plus en plus difficiles. C’est important, et ça sensibilise les enfants à la pauvreté », précise Sandrine. Les équipes de la mairie, elles, soulignent que « de plus en plus d’écoles participent chaque année ». « Les quantités ont un peu diminué à cause de la baisse du pouvoir d’achat, mais le partage reste encore quelque chose de vivant à Bastia. Et c’est un souhait de la municipalité de mettre l’accent sur les traditions avec un don de denrées comme dans le temps où on donnait de l’huile, de la farine ou du vin aux plus démunis. »
La journée s’est poursuivie avec un spectacle pour les 430 enfants venus des douze écoles partenaires de l’opération.