À l’heure où la nouvelle année démarre, CNI vous propose de revenir sur 12 actualités qui ont marqué 2025 en Corse par leur retentissement. Retour sur une année intense, marquée par de nombreux faits divers, mais aussi par des initiatives et des réussites qui ont ponctué la vie de l’île.
La Corse revient au Gouvernement
Entre le 23 décembre 2024 et le 5 octobre 2025, Laurent Marcangeli est ministre de la Fonction publique, de l’Action publique et de la Simplification. Ancien maire d’Ajaccio et député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, il devient l’un des rares responsables politiques corses à accéder à un portefeuille ministériel sous la Ve République. Son passage au gouvernement est marqué par des chantiers liés à la modernisation de l’État, à la réforme de la fonction publique et à la simplification administrativ e. Après la démission du gouvernement Bayrou à l’automne, il récupère son siège de député qu'il avait confié à son suppléant, Xavier Lacombe, durant son mandat de ministre.
Jean-Baptiste Arena remporte les élections à la Chambre d'Agriculture de Corse
Le 7 février, Jean-Baptiste Arena, vigneron de Patrimonio et conseiller territorial de Core in Fronte, remporte les élections à la Chambre Régionale d’Agriculture de Corse à la tête de la liste A l’iniziu una terra, devançant celle du président sortant Joseph Colombani. Sa liste obtient la majorité des sièges dans tous les collèges, marquant un renouveau dans la représentation agricole insulaire. Le 18 février, Jean-Baptiste Arena est logiquement élu président de l’institution et appelle à l’unité de toutes les forces vives du monde agricole corse.
L'assassinat de la jeune Chloé provoque une onde de choc sur l'île
Le 15 février, Chloé Aldrovandi, jeune étudiante de 18 ans originaire de Corte, est assassinée à Ponte‑Leccia. Alors qu'elle conduit le véhicule de son compagnon, la jeune femme est en effet ciblée par erreur lors d'un guets apens lié à la criminalité organisée. Ce drame injuste et brutal provoque une onde de choc profonde sur l’île, suscitant une vive émotion dans toute la société corse, ainsi que des appels à lutter plus résolument contre la violence armée et l’emprise mafieuse.
L'assassinat de Pierre Alessandri renforce les inquiétudes sur la montée en puissance de la mafia
Le 17 mars, dans la soirée, Pierre Alessandri est assassiné par arme à feu sur son exploitation agricole de Sarrola-Carcopino. Agriculteur et militant syndical, l'ex secrétaire départemental de Via Campagnola en Corse-du-Sud succombe à ses blessures après avoir été transporté à l’hôpital d’Ajaccio. Une enquête pour assassinat, confiée à la section de recherches d’Ajaccio, est ouverte. Sa mort provoque une vive émotion dans le monde agricole et au-delà, et relance les inquiétudes autour des violences criminelles en Corse.
La société civile dit non à la mafia
Face à la montée de la violence dans l’île et à l’impact des récents assassinats liés à la grande criminalité organisée, à l’appel des collectifs anti mafia Massimu Susini et a Maffia nò, a Vità iè, plusieurs milliers de Corses descendent pour la première fois dans la rue sous le mot d’ordre « Assassini, maffiosi, fora ».
Le 8 mars à Ajaccio, entre 1 500 et 3 000 anonymes, élus, et membres d'associations défilent derrière des banderoles dénonçant l’omerta et l’emprise mafieuse, appelant à briser le silence et à exiger justice et sécurité.
Huit mois plus tard, ce mouvement s’est structuré en une coordination antimafia qui organise de nouvelles mobilisations simultanées à Ajaccio et Bastia le 15 novembre, rassemblant encore plusieurs centaines de manifestants décidés à maintenir la pression pour lutter contre la criminalité organisée et ses conséquences sur la société insulaire.
Le 8 mars à Ajaccio, entre 1 500 et 3 000 anonymes, élus, et membres d'associations défilent derrière des banderoles dénonçant l’omerta et l’emprise mafieuse, appelant à briser le silence et à exiger justice et sécurité.
Huit mois plus tard, ce mouvement s’est structuré en une coordination antimafia qui organise de nouvelles mobilisations simultanées à Ajaccio et Bastia le 15 novembre, rassemblant encore plusieurs centaines de manifestants décidés à maintenir la pression pour lutter contre la criminalité organisée et ses conséquences sur la société insulaire.
L'AC Ajaccio traverse une crise sans précédent
2025 a été une année cauchemardesque pour l’AC Ajaccio qui a traversé une crise sportive et financière majeure. Après une audition devant la DNCG le 24 juin, le gendarme financier prononce la rétrogradation du club en National 1 en raison de l’absence de garanties financières suffisantes pour la saison 2025‑2026, malgré les démarches d’un repreneur annoncé. En juillet, le projet de rachat échoue avec le retrait de l’investisseur espagnol Arnau Baqué Roig, laissant l’avenir du club encore plus incertain. Le 13 août, la DNCG va plus loin en excluant l’ACA de toutes les compétitions nationales. Quelques jours plus tard, le 20 août, le tribunal de commerce d’Ajaccio prononce la liquidation judiciaire de la société professionnelle du club, avec une dette estimée à environ 13,5 millions d’euros, signe de l’effondrement institutionnel et du dépôt de bilan. En septembre, le dossier prend une tournure judiciaire supplémentaire avec l’ouverture de deux enquêtes par le parquet de Bastia pour des faits d’extorsion, d’escroqueries et de faux et usage de faux liés à la gestion de l’ACA.
Sur le plan sportif, l’ACA évolue aujourd’hui en Régional 2 et l’association a pu être sauvée grâce à l’engagement d’un groupe d’entrepreneurs passionnés et courageux au premier rang desquels le nouveau président, Michaël Torre.
Sur le plan sportif, l’ACA évolue aujourd’hui en Régional 2 et l’association a pu être sauvée grâce à l’engagement d’un groupe d’entrepreneurs passionnés et courageux au premier rang desquels le nouveau président, Michaël Torre.
50 ans après les évènements d'Aleria, la Corse se souvient
Le 22 août, un demi-siècle après l’occupation de la cave Depeille par Edmond Simeoni et ses compagnons, la Corse s’est souvenu des événements d’Aleria des 21 et 22 août 1975, deux journées qui avaient bouleversé l’histoire politique de l’île. Cinquante ans plus tard, plusieurs centaines de militants, élus et sympathisants nationalistes se sont rassemblés à Aleria, à l’appel de l’associu Aleria 1975, pour honorer cet acte fondateur du nationalisme insulaire et rappeler l’importance de l’unité dans la société corse.
L'affaire de la croix de Quasquara alimente la polémique
Le 10 octobre, à la demande d’une habitante de Quasquara, le tribunal administratif de Bastia annule le refus du maire de retirer une croix érigée à l’entrée du village en 2022, au motif qu’elle contrevient au principe de laïcité de la loi de 1905. Cette décision déclenche une polémique en Corse, avec pétition et débats passionnés autour de l’identité, de la tradition et de l’application de la laïcité dans l’espace public.
Angelo survole Ajaccio
Le 18 octobre, après des mois de travaux et plusieurs phases de tests, le téléporté Angelo, premier téléphérique urbain littoral de Méditerranée, est officiellement mis en service à Ajaccio, reliant en quelques minutes St Joseph et Mezzavia. Inauguré en présence des élus locaux, du préfet et des représentants de l’entreprise POMA, cet équipement s’inscrit dans le plan de mobilité du Pays Ajaccien et suscite une grande curiosité des habitants, tout autant qu’il alimente la polémique. De nombreuses voix dénoncent en effet son coût, son impact paysager et environnemental, ainsi que son utilité jugée limitée.
Un touriste allemand emporté par une crue à Galeria
Le 23 octobre, alors que l’île est en vigilance orange du fait de la tempête Benjamin, une famille de touristes allemands est surprise par la montée rapide des eaux de la rivière du Fango à Galeria. Si la mère et les deux enfants du couple parviennent être se mettre en sureté et sont secourus par les pompiers, le père de famille est emporté par les flots. Son corps sera retrouvé sans vie près du pont des 5 Arcades. Ce drame, survenu au cœur d’un épisode d’orages violents et de pluies abondantes sur l’ensemble de l’île, suscite une vive émotion dans la région et rappelle l'imprévisibilité des crues.
L'assassin de l'avocat Antoine Sollacaro condamné 13 ans après les faits
13 ans après l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro en octobre 2012 à Ajaccio, la cour d’assises d’Aix‑en‑Provence a condamné André Bacchiolelli, reconnu coupable d’avoir été le tireur de cette expédition meurtrière, à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de 20 ans, le 11 décembre. Cette décision intervient après un long procès à huis clos, qui s’était ouvert le 3 novembre, marqué par des audiences tendues et le renvoi temporaire du principal suspect pour raisons médicales. Un verdict qui constitue une étape importante dans la quête de justice pour une affaire qui avait profondément marqué la société corse.
Un homme armé d'un couteau est abattu sur le cours Napoléon à Ajaccio
Le 20 décembre 2025, alors qu’Ajaccio est en pleine effervescence à quelques jours de Noël, un jeune homme armé d’un couteau se montre menaçant envers des passants et des policiers sur le cours Napoléon, très fréquenté en cette période de pré‑fêtes. Après plusieurs sommations restées sans effet et l’échec de l’usage d’un pistolet à impulsion électrique, les forces de l’ordre interviennent et le neutralisent par balle. L’incident, qui aurait pu tourner au drame, provoque une vive émotion dans la cité impériale.