Haute-Corse : pas de restrictions d’eau, mais la vigilance reste de mise

Rédigé le 30/07/2025
Léana Serve

Réuni ce mercredi à Bastia, le comité de ressources en eau a dressé un point de situation rassurant pour le département. Grâce à un mois de juillet très arrosé et à une consommation maîtrisée, aucun passage en vigilance ou en restriction n’est envisagé à ce stade. Mais les autorités appellent à la prudence, afin d’aborder l’automne dans de bonnes conditions.

Le comité de ressources en eau s'est réuni ce mercredi à Bastia

En Haute-Corse, la situation hydrique reste sous contrôle. Réuni ce mercredi à Bastia, le comité de ressources en eau a dressé un nouvel état des lieux du niveau des réserves en eau dans le département. Sous la présidence du préfet Michel Prosic, et en présence de l’ensemble des acteurs concernés par la gestion de l’eau, la réunion a permis de confirmer un constat encourageant : aucune mesure de restriction ou de vigilance n’est envisagée à ce stade, malgré la période estivale et l’afflux de population. “On a eu un mois de juillet beaucoup plus pluvieux que la normale. À ce stade, on est à quasiment 80 % de plus qu'une année normale, et avec les pluies attendues d'ici la fin de la semaine, on sera probablement à un doublement d’une année classique”, a expliqué le préfet.
 

Les températures, elles, sont restées globalement stables, après un mois de juin exceptionnellement chaud. Ce croisement entre précipitations importantes et chaleur modérée a permis de maintenir les sols dans un état “classique”, et les nappes phréatiques présentent un niveau satisfaisant dans 70 % des cas. Seules les zones du Fium’Orbu et de la Figarella font l’objet d’une surveillance renforcée. “Pour les autres, on est sur une situation plutôt satisfaisante, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs années.” Les cours d’eau présentent pour leur part un écoulement régulier dans la majorité des secteurs. Mais en Balagne, trois sont actuellement à sec : l’Ostriconi, le Fiume Seccu et San Clemente. “Les autres cours d’eau qu’on instrumente se maintiennent, ce qui nous donne une situation plutôt satisfaisante pour le reste de l’été.”
 

Du côté des barrages, celui de Calacuccia est rempli à près de 90 %, tandis que celui de Sampolo, rempli à un peu plus de 50 %, reste sous vigilance particulière. “Il nécessite une certaine attention pour faire en sorte qu'on garde jusqu'à la fin de la saison un niveau de réserve suffisant pour pouvoir faire face à une situation qui pourrait être difficile.” Les barrages gérés par l’Office d’équipement hydraulique de Corse affichent quant à eux des niveaux autour de 60 %, “ce qui garantit une distribution d’eau brute pour l’agriculture et d’eau potable pour la population jusqu’à la fin de la saison”, selon le préfet.
 

Si les niveaux de stockage sont jugés satisfaisants, la consommation reste un indicateur central dans la gestion de la ressource. Et là encore, les signaux sont encourageants. “La consommation est stable par rapport aux chiffres de l'année dernière. Cette année, on est dans une consommation raisonnable, ce qui veut dire deux choses : il y a une prise de conscience collective des enjeux sur l'eau, et on a aussi beaucoup investi à la régie, sur les fuites assez historiques dans le réseau principal de la ville. On a changé plusieurs kilomètres de canalisations, et ça joue aussi sur la production, et forcément, ça fait des économies sur les prélèvements de la ressource. Vu le mois de juillet qu'on a connu, on est assez optimiste sur le mois d'août”, explique Fabrice Reboa, directeur d’Acqua Publica.
 

Un appel à la vigilance
 

Si aucun passage en vigilance ou en restriction n’est envisagé à ce stade, le préfet appelle à ne pas relâcher les efforts. “Nous ne prendrons pas de mesures de restriction, ni ne passerons à un niveau de vigilance”, a confirmé Michel Prosic. Un choix assumé, dicté par la volonté d’agir de manière ciblée. “Nous souhaitons être très précis dans les mesures que nous mettons en place. Une mesure disproportionnée ne serait pas comprise, et surtout, elle ne serait pas appliquée. Aujourd'hui, les chiffres montrent qu’on peut continuer sans instaurer de vigilance.”
 

Pour autant, le préfet insiste sur la nécessité d’un engagement individuel pour préserver cet équilibre fragile. “On a besoin d’être vigilants au quotidien pour ne pas tirer sur la corde afin de permettre à chacun de nos concitoyens dans l'île, soit au quotidien, soit de passage, de pouvoir avoir une ressource en eau à la fois qualitativement et quantitativement.” Un effort collectif essentiel, alors que la Haute-Corse s’apprête à traverser les semaines les plus chaudes et les plus touristiques de l’année.

D’autant que la situation actuelle, bien que meilleure que celles des quatre dernières années, reste malgré tout instable. “Nous avons vécu quatre années catastrophiques où nous avons été obligés de mettre, pendant de longs mois, des périodes de restriction. On est aujourd'hui dans une situation fragile et il faut se dire que cette situation fragile va perdurer dans les années qui viennent. Le fait qu'on ait eu un hiver normal et un printemps ordinaire fait qu'on arrive au cœur de l'été avec un petit peu plus de ressources qu'on en avait les années précédentes. En revanche, on continue de délivrer le message de la sobriété de la consommation, et surtout des gestes au quotidien, afin qu'on puisse arriver en septembre et en octobre avec une situation qu'on pourrait qualifier de normale ou de raisonnable. Ce qu'il faut avoir en tête, c'est que plus la situation arrive de manière normale en septembre, plus ce sera facile de reconstituer les stocks. On partira de moins bas.”